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Le gouvernement veut coffrer cette manne dans son fonds souverain: les recettes pétrolières de la Norvège seront 30% plus élevées qu'attendu en raison de la flambée des prix

Economie · · Par Julie MOREAU

Le gouvernement veut coffrer cette manne dans son fonds souverain: les recettes pétrolières de la Norvège seront 30% plus élevées qu'attendu en raison de la flambée des prix

Le gouvernement norvégien prévoit des recettes pétrolières de 67 milliards d'euros pour l'année 2023, soit une augmentation de 30 % par rapport aux estimations

Le gouvernement norvégien prévoit des recettes pétrolières de 67 milliards d'euros pour l'année 2023, soit une augmentation de 30 % par rapport aux estimations précédentes. Cette prévision, révélée par BFM Business, s'explique principalement par la flambée des prix du pétrole, en partie due à la guerre au Moyen-Orient. Les revenus supplémentaires, estimés à près de 15 milliards d'euros par rapport aux prévisions initiales, seront intégralement versés au fonds souverain du pays, qui est déjà le plus important au monde, avec près de 1.900 milliards d'euros d'actifs sous gestion. La Norvège, qui se positionne comme le 12e producteur mondial de pétrole avec une production d'environ quatre millions de barils équivalent pétrole par jour, a vu ses perspectives financières s'améliorer grâce à un marché énergétique tendu. Le prix du pétrole brut est désormais estimé à une moyenne de 91 dollars le baril, contre 67 dollars en octobre, tandis que le gaz naturel est anticipé à 14 dollars par million d'unités thermiques britanniques (MMBtu), en hausse également. Ces recettes exceptionnelles ne seront pas utilisées pour des dépenses publiques immédiates. Le gouvernement travailliste a pris la décision de limiter les dépenses afin d'éviter une surchauffe de l'économie, qui pourrait entraîner une inflation supplémentaire. La Banque centrale norvégienne a d'ailleurs récemment relevé son taux directeur de 25 points de base pour atteindre 4,25 %, un ajustement réalisé plus tôt que prévu par les analystes. Cette mesure vise à maîtriser l'inflation, qui est alimentée par une forte croissance des salaires et par des coûts énergétiques élevés. La stratégie du gouvernement est de privilégier la constitution d'un fonds souverain, qui vise à garantir la prospérité à long terme du pays. Avec des actifs représentant quatre fois le PIB norvégien, ce fonds est conçu pour faire face aux fluctuations des revenus pétroliers et aux défis économiques futurs. En effet, la Norvège se trouve dans une position unique, n'ayant pas besoin de dépenser immédiatement ces recettes pour financer des programmes sociaux ou des infrastructures, compte tenu de son excédent budgétaire. Cependant, cette approche du gouvernement n'est pas sans controverse. Malgré un bilan économique solide, le gouvernement fait face à une certaine impopularité. Certains critiques estiment que les fonds accumulés dans le fonds souverain devraient être orientés vers des investissements immédiats pour répondre aux besoins croissants de la population, notamment dans les domaines de la santé et de l'éducation, particulièrement en période d'inflation. En parallèle, la Norvège continue de naviguer dans un environnement énergétique mondial en pleine mutation. La dépendance aux combustibles fossiles est remise en question, et le pays cherche à diversifier son économie tout en maintenant sa position de leader dans le secteur énergétique. Les recettes pétrolières représentent encore une part significative des finances publiques, mais des efforts sont en cours pour investir dans les énergies renouvelables et réduire l'empreinte carbone. En conclusion, la Norvège se trouve à un carrefour critique, avec des ressources pétrolières qui augmentent de manière significative et des décisions stratégiques à prendre pour garantir la stabilité économique à long terme. Le choix de verser ces recettes au fonds souverain plutôt que de les dépenser immédiatement pourrait permettre au pays de mieux se préparer aux défis futurs, tout en alimentant les débats sur la gestion des ressources naturelles et les priorités économiques.