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Le gouvernement s'est engagé à ne pas toucher au très avantageux "tarif agent": les syndicats de l'énergie suspendent leur appel à durcir la mobilisation à partir du 6 octobre

Economie · · Par Julie MOREAU

Le gouvernement s'est engagé à ne pas toucher au très avantageux

## Les syndicats de l'énergie suspendent leur mobilisation après des garanties gouvernementales sur le "tarif agent" Les organisations syndicales du secteur de

## Les syndicats de l'énergie suspendent leur mobilisation après des garanties gouvernementales sur le "tarif agent" Les organisations syndicales du secteur de l'énergie ont annoncé lundi suspendre leur appel à durcir la mobilisation prévue à partir du 6 octobre. En cause : un engagement écrit du gouvernement de ne pas modifier, en 2027, le régime du "tarif agent", ce prix préférentiel dont bénéficient les salariés des industries électriques et gazières pour leur consommation d'énergie. ## Un courrier ministériel comme gage de non-régression Selon un courrier adressé aux syndicats et co-signé par la ministre déléguée à l'Energie Maud Brégeon et le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, l'exécutif s'engage précisément : "Le gouvernement ne retiendra en 2027 aucune évolution ayant un impact sur la fiche de paie des agents actifs des industries électriques et gazières et sur les ressources financières des agents retraités, tant d'un point de vue fiscal que social." Cette formulation, relayée par BFM Business, a suffi à convaincre la CGT, la CFE-CGC, la CFDT et FO de renoncer à leur mouvement. "Compte tenu des engagements obtenus, l'interfédérale suspend son appel à durcir le mouvement à partir du 6 octobre", indique l'intersyndicale dans un communiqué, estimant avoir "fait reculer le gouvernement". ## Un avantage au cœur de toutes les critiques Le dispositif en question permet aux salariés du secteur de payer leur électricité ou leur gaz jusqu'à 90 % moins cher que les autres consommateurs. Un privilège régulièrement contesté, notamment par la Cour des comptes. Dans une mise en demeure, les Sages qualifiaient ce tarif de "démesuré" et évaluaient son coût moyen à "381 millions d'euros par an entre 2018 et 2024" pour EDF SA. La facture s'est nettement alourdie : elle a atteint 700 millions d'euros en 2024, un chiffre qui illustre l'ampleur du manque à gagner pour l'opérateur public. ## Un chiffrage contesté par les syndicats La juridiction financière affirme que les bénéficiaires "acquittent désormais moins de 2 % des tarifs moyens de l'électricité ou du gaz payés par les consommateurs". Une évaluation que réfutent certains syndicalistes, qui évoquent plutôt un tarif représentant environ 10 % de celui payé en moyenne par les ménages. Ils rappellent surtout que cet avantage constitue une composante de la rémunération, parfois modeste, des électriciens et gaziers, et non un simple cadeau. ## Un répit temporaire L'engagement gouvernemental porte sur l'année 2027, ce qui laisse entière la question de l'avenir du dispositif au-delà. Pour l'exécutif, il s'agit d'un moyen d'apaiser un front social dans un secteur stratégique, sans renoncer formellement à une réforme. Pour les syndicats, la suspension de la mobilisation constitue une victoire d'étape, mais la vigilance reste de mise sur un sujet qui touche directement au pouvoir d'achat de milliers de foyers.