Le fonds Apollo a désormais le champ libre pour racheter Easyjet: la société d'investissement américaine Castlelake renonce à faire une offre ferme pour la compagnie low-cost

Le fonds d’investissement américain Castlelake a officialisé, jeudi, son retrait de la course au rachat d’EasyJet, laissant le champ libre à son concurrent Apol
Le fonds d’investissement américain Castlelake a officialisé, jeudi, son retrait de la course au rachat d’EasyJet, laissant le champ libre à son concurrent Apollo. Cette décision, annoncée par voie de communiqué à la Bourse de Londres, met un terme à plusieurs semaines de spéculations sur l’avenir de la deuxième compagnie low-cost européenne, derrière Ryanair.
### Une renonciation qui simplifie le jeu des prétendants
Castlelake disposait initialement d’un délai courant jusqu’à lundi pour formuler une offre ferme, avant que cette échéance ne soit repoussée à vendredi, afin de s’aligner sur le calendrier imposé à Apollo. Dans son communiqué, le fonds précise qu’« après mûre réflexion, il n’a pas l’intention de présenter une offre sur EasyJet », tout en remerciant la direction de la compagnie « pour le temps consacré et l’examen de cette opération potentielle ». Cette annonce intervient alors qu’EasyJet avait déjà conclu, début juillet, un « accord de principe » avec Apollo, valorisant l’entreprise à 5,7 milliards de livres, soit environ 6,7 milliards d’euros. L’offre de Castlelake, formulée quelques jours plus tôt, était légèrement inférieure, mais restait crédible aux yeux des observateurs.
### Un retrait qui soulage le marché, mais interroge
La réaction des investisseurs ne s’est pas fait attendre : le titre EasyJet reculait de 5,49 % à 616 pence peu après l’annonce, signe que le marché intègre désormais une incertitude sur les conditions exactes de l’opération avec Apollo. Pour rappel, EasyJet suscite l’intérêt des repreneurs en raison de ses créneaux aéroportuaires stratégiques, de la force de sa marque et de ses perspectives de croissance. Toutefois, la compagnie à la livrée orange traverse une période délicate : son bénéfice avant impôts pour le troisième trimestre décalé, achevé fin juin, a chuté de 70 %, à 85 millions de livres (près de 100 millions d’euros), plombé par les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur les réservations et la hausse des coûts du carburant.
### Quelles suites pour le dossier EasyJet ?
Avec le retrait de Castlelake, Apollo se retrouve en position de force pour finaliser son offre. Reste à savoir si les conditions posées par le fonds américain, notamment en matière de gouvernance et de stratégie, seront acceptées par le conseil d’administration d’EasyJet. Les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si cette opération, l’une des plus importantes du secteur aérien européen depuis plusieurs années, aboutira. En attendant, la compagnie devra poursuivre ses efforts pour redresser ses résultats, dans un environnement géopolitique et énergétique toujours incertain.