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«Le feu crée une excitation» : dans la tête des pyromanes, incapables de contrôler leurs impulsions

Une · · Par Claire BERNARD

«Le feu crée une excitation» : dans la tête des pyromanes, incapables de contrôler leurs impulsions

# «Le feu crée une excitation» : dans la tête des pyromanes, incapables de contrôler leurs impulsions Alors que la saison des incendies s'ouvre sur plusieurs ré

# «Le feu crée une excitation» : dans la tête des pyromanes, incapables de contrôler leurs impulsions Alors que la saison des incendies s'ouvre sur plusieurs régions du globe, une question revient avec insistance : qui sont ces individus qui allument délibérément le feu ? Selon une enquête approfondie publiée par *Le Figaro*, les pyromanes, loin de correspondre au stéréotype du criminel organisé, souffrent en réalité d'un trouble du contrôle des impulsions particulièrement complexe à identifier et à traiter. ## Un trouble méconnu mais bien réel D'après les informations rapportées par *Le Figaro*, la pyromanie ne concerne qu'une infime proportion de la population générale et des incendiaires. Ce trouble psychiatrique, classifié dans les manuels de référence, se caractérise par une incapacité à résister à l'impulsion de mettre le feu, associée à une tension croissante avant l'acte et à un sentiment de plaisir ou de soulagement après celui-ci. Les experts interrogés par nos confrères soulignent que « le feu crée une excitation » chez ces individus, une sensation comparable à celle recherchée par les toxicomanes lors de la prise d'une substance psychoactive. Cette dimension addictive complique d'autant plus la prise en charge thérapeutique. ## Un profil difficile à cerner Les spécialistes consultés par *Le Figaro* indiquent que les pyromanes présentent souvent un parcours marqué par des traumatismes précoces, des carences affectives ou des troubles de l'attachement. Contrairement aux incendiaires agissant par vengeance, intérêt financier ou revendication politique, le pyromane n'a généralement pas de mobile conscient. Son passage à l'acte répond à une pulsion irrépressible, parfois précédée d'une phase d'idéation obsessionnelle autour du feu. Les cliniciens rapportent que ces patients peuvent passer des heures à observer des flammes, à collectionner des images d'incendies ou à fréquenter les casernes de pompiers. Cette fascination précoce constitue souvent un signal d'alarme pour l'entourage, mais reste rarement interprétée comme telle. ## Un défi pour la justice et la psychiatrie La difficulté majeure, selon l'analyse du *Figaro*, réside dans le repérage de ces individus avant qu'ils ne passent à l'acte. Contrairement à d'autres troubles du contrôle des impulsions, la pyromanie ne s'accompagne pas de signes extérieurs évidents. Les personnes concernées mènent souvent une vie sociale et professionnelle apparemment normale, ce qui rend leur détection d'autant plus ardue. Sur le plan judiciaire, les pyromanes encourent des peines pouvant aller jusqu'à la réclusion criminelle, mais les experts psychiatres recommandent une approche thérapeutique plutôt que purement répressive. Les traitements disponibles, associant psychothérapie cognitivo-comportementale et parfois médication, montrent des résultats encourageants, mais leur efficacité dépend largement de la motivation du patient à se soigner. ## Des perspectives de prise en charge limitées En France, les structures spécialisées dans la prise en charge des pyromanes restent rares. Selon des sources médicales citées par *Le Figaro*, seuls quelques centres hospitaliers universitaires disposent d'unités dédiées aux troubles du contrôle des impulsions. Les professionnels de santé déplorent un manque de formation initiale sur ce sujet, ce qui retarde souvent le diagnostic. Par ailleurs, la stigmatisation sociale associée à ce trouble dissuade de nombreuses personnes de consulter spontanément. Les associations de victimes d'incendies criminels réclament quant à elles un meilleur suivi des condamnés pour pyromanie, afin d'éviter les récidives. Le débat reste ouvert entre les partisans d'une approche médicale renforcée et ceux qui privilégient une réponse pénale plus ferme. Alors que les incendies de forêt gagnent en fréquence et en intensité sous l'effet du changement climatique, la question des pyromanes pourrait bien devenir un enjeu de santé publique à part entière, nécessitant une coordination accrue entre les services de psychiatrie, les forces de l'ordre et les autorités judiciaires.