Le détroit d’Ormuz au centre de la première visite du sultan d’Oman en France

# Le détroit d’Ormuz au centre de la première visite du sultan d’Oman en France Le sultan d’Oman, Haïtham Ben Tariq, est attendu ce dimanche pour une visite off
# Le détroit d’Ormuz au centre de la première visite du sultan d’Oman en France
Le sultan d’Oman, Haïtham Ben Tariq, est attendu ce dimanche pour une visite officielle en France, la première d’un chef d’État omanais depuis 1989. Cette visite, qui marque un réchauffement des relations bilatérales, intervient dans un contexte de tensions accrues entre l’Iran et les États-Unis, et place le détroit d’Ormuz au cœur des discussions avec Emmanuel Macron. Selon des informations rapportées par Le Figaro, le souverain omanais devra clarifier la position de son pays sur ce passage stratégique, où l’Iran réclame des droits de péage.
## Un médiateur régional redécouvert par Paris
À la faveur des guerres au Yémen et en Iran, la France a redécouvert les capacités médiatrices du sultanat d’Oman, un petit pays du sud de la péninsule arabique réputé pour l’efficacité de ses médiations dans les crises régionales. Selon Le Figaro, Oman a notamment facilité la libération d’otages détenus par les rebelles houthistes yéménites et par Téhéran, renforçant ainsi sa crédibilité diplomatique. Pendant longtemps, Paris aurait marginalisé ce partenaire, mais les récentes crises sécuritaires au Moyen-Orient auraient conduit à une réévaluation de son rôle stratégique. Le sultan Haïtham Ben Tariq, qui a succédé à son cousin Qabous Ben Saïd en 2020, poursuit ainsi une politique de neutralité active, caractéristique de la diplomatie omanaise depuis des décennies.
## La question épineuse des droits de péage à Ormuz
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, constitue un enjeu majeur de cette visite. D’après des sources diplomatiques citées par Le Figaro, un diplomate omanais a confié : « Pas de droits de péage à Ormuz, comme le réclame l’Iran, mais peut-être le paiement de services. » Cette déclaration illustre la position nuancée de Mascate, qui cherche à préserver ses relations avec Téhéran tout en maintenant la libre circulation dans ce passage stratégique. Emmanuel Macron, qui recevra le sultan lundi à l’Élysée pour un déjeuner avant de participer tous les deux à un forum d’affaires, devrait plaider pour la réouverture « libre et sans condition » du détroit, selon les informations du Figaro.
## Des relations bilatérales en mutation
Cette visite officielle, la première depuis 1989, témoigne d’une évolution significative dans les relations franco-omanaises. Historiquement, Oman entretenait des liens privilégiés avec le Royaume-Uni, mais la France chercherait désormais à renforcer sa présence dans cette région clé du Golfe. Le forum d’affaires prévu en marge de la visite pourrait permettre d’explorer de nouvelles coopérations économiques, notamment dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures portuaires. Selon Le Figaro, le sultan d’Oman a également rencontré récemment une délégation iranienne dirigée par le président du parlement Mohammad Baqer Qalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi, ce qui souligne le rôle de médiateur que Mascate entend jouer dans la région.
## Des implications géopolitiques majeures
Les discussions autour du détroit d’Ormuz interviennent dans un contexte où les tensions entre l’Iran et les États-Unis restent vives, notamment sur la question nucléaire et les sanctions économiques. Oman, qui partage une frontière maritime avec l’Iran et entretient des relations historiques avec Téhéran, pourrait servir de pont diplomatique entre les différentes parties. La position omanaise, favorable à une solution négociée sans imposition de droits de péage, pourrait influencer les équilibres régionaux. La France, de son côté, chercherait à sécuriser ses approvisionnements énergétiques et à maintenir une stabilité dans cette zone névralgique du commerce mondial. Le succès de cette visite dépendra en grande partie de la capacité des deux chefs d’État à trouver un terrain d’entente sur ce dossier sensible, alors que les enjeux sécuritaires et économiques se multiplient dans la région.