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Le commandant de bord est soupçonné d'avoir consommé du cannabis: Air India impose un dépistage antidrogue à tous ses pilotes après un mystérieux incident de vol ayant fait 24 blessés

Economie · · Par Julie MOREAU

Le commandant de bord est soupçonné d'avoir consommé du cannabis: Air India impose un dépistage antidrogue à tous ses pilotes après un mystérieux incident de vol ayant fait 24 blessés

Un Airbus A350-900 d'Air India, immatriculé VT-JRI, a été aperçu en approche sur la piste de l'aéroport de Londres-Heathrow (LHR) au Royaume-Uni, un vol long-co

Un Airbus A350-900 d'Air India, immatriculé VT-JRI, a été aperçu en approche sur la piste de l'aéroport de Londres-Heathrow (LHR) au Royaume-Uni, un vol long-courrier AI111 en provenance de Delhi (DEL). Cet appareil gros-porteur, propulsé par deux réacteurs RR Trent XWB, illustre la flotte moderne de la compagnie nationale indienne, qui compte 142 appareils et appartient au groupe Tata. Mais derrière cette image de technologie de pointe, la compagnie fait face à une crise sécuritaire sans précédent : la direction a imposé un dépistage antidrogue obligatoire pour l'ensemble de ses pilotes à compter de ce jeudi 13 août, après qu'un commandant de bord a été soupçonné d'avoir consommé du cannabis lors d'un vol ayant fait 24 blessés. ### Un incident grave aux conséquences immédiates Le 4 août, un Airbus A320 d'Air India a perdu environ 300 pieds (91 mètres) d'altitude peu après son décollage de Phuket, en Thaïlande, à destination de New Delhi. Cet incident, survenu en plein vol, a provoqué des blessures chez 24 passagers, un bilan qui aurait pu être bien plus lourd. Selon des médias locaux, dont l'influent Times of India, le commandant de bord impliqué dans cet incident aurait été testé positif au cannabis lors des examens menés après l'atterrissage. Cette information, bien que non confirmée officiellement par la compagnie, a déclenché une onde de choc au sein de la compagnie et du régulateur aérien indien. La réglementation en vigueur en Inde impose déjà aux compagnies aériennes de contrôler chaque année, de manière aléatoire, au moins 10 % de leur personnel navigant pour les substances psychoactives. Mais face à la gravité de la situation, Air India a décidé d'aller bien au-delà de cette exigence légale. Une note interne consultée par l'AFP indique : « Nous avons décidé de soumettre l'ensemble des pilotes du groupe à un dépistage complet visant à détecter toute substance ou tout médicament non autorisé par la réglementation en vigueur. Ces tests sont obligatoires et débuteront dès aujourd'hui. » ### Une mesure d'urgence dans un contexte difficile Cette décision intervient alors qu'Air India accumule les difficultés opérationnelles et sécuritaires. La compagnie, membre du groupe aérien Star Alliance et dont le hub principal est situé à l'aéroport international Indira Gandhi de Delhi, traverse une période de turbulences. Les récents incidents, couplés à une pression croissante des autorités de régulation et de l'opinion publique, ont poussé la direction à adopter une posture ferme sur la question des stupéfiants. Le dépistage systématique de tous les pilotes, plutôt qu'un simple échantillon aléatoire, représente un changement majeur dans la politique de sécurité de la compagnie. Cette mesure, qui concerne l'ensemble du groupe Air India, vise à restaurer la confiance des passagers et à démontrer que la sécurité des vols reste la priorité absolue. Elle pourrait également servir de précédent pour d'autres compagnies aériennes de la région, confrontées à des défis similaires. ### Un enjeu de réputation pour le groupe Tata Pour Air India, qui appartient au groupe Tata depuis son acquisition en 2022, cette affaire tombe au pire moment. La compagnie s'efforce de moderniser son image et de concurrencer les grands acteurs internationaux du secteur. Un tel incident, associé à des soupçons de consommation de stupéfiants par un pilote, pourrait ternir durablement sa réputation et compromettre ses ambitions de croissance. Les autorités indiennes de l'aviation civile devraient également ouvrir une enquête approfondie sur les circonstances exactes de l'incident du 4 août. Les résultats de cette enquête, combinés aux résultats des tests antidrogue désormais obligatoires, détermineront les mesures correctives supplémentaires qui pourraient être imposées à la compagnie. En attendant, Air India a fait le choix de la transparence et de la rigueur, une décision qui pourrait servir de leçon à l'ensemble du secteur aérien indien, où la sécurité des vols est un enjeu de plus en plus scruté.