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Le coffre-fort : Les trésors cachés de l'art asiatique - 02/07

Economie · · Par Julie MOREAU

Le coffre-fort : Les trésors cachés de l'art asiatique - 02/07

# Le coffre-fort : L'art asiatique, une classe d'actifs en pleine émergence Le marché de l'art asiatique séduit de plus en plus d'investisseurs en quête de dive

Le coffre-fort : L'art asiatique, une classe d'actifs en pleine émergence

Le marché de l'art asiatique séduit de plus en plus d'investisseurs en quête de diversification et de rendements potentiels. Ce mardi 2 juin, l'émission "Tout pour investir" sur BFM Business a consacré son "Coffre-fort" à ce segment méconnu, avec Antoine Larigaudrie et Clémentine Guyot, directrice du département Arts d'Asie et responsable d'inventaires chez Aguttes. Derrière les porcelaines Ming et les estampes japonaises se cache un univers d'opportunités, mais aussi de risques spécifiques.

L'art asiatique : un marché de niche en pleine expansion

Un segment longtemps négligé par les investisseurs occidentaux

Historiquement, l'art asiatique est resté un marché de spécialistes, réservé à une poignée de collectionneurs avertis. Pourtant, selon Clémentine Guyot, ce segment connaît un regain d'intérêt notable depuis plusieurs années. Les ventes aux enchères de céramiques chinoises, de bronzes anciens ou encore de rouleaux de soie attirent désormais des investisseurs institutionnels et des fonds spécialisés. La demande émane principalement des collectionneurs asiatiques, notamment chinois et indiens, dont la richesse croissante stimule la recherche d'objets patrimoniaux.

Le contexte macroéconomique joue également un rôle. Dans un environnement de taux d'intérêt bas et de volatilité des marchés financiers, l'art asiatique apparaît comme une valeur refuge alternative. Certaines pièces rares, comme les vases de la dynastie Ming ou les sculptures khmeres, ont vu leur cote multipliée par dix en vingt ans, selon des estimations de maisons de ventes spécialisées.

Des records aux enchères qui attirent l'attention

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En 2023, une jarre en porcelaine de la dynastie Ming s'est vendue pour plus de 20 millions d'euros chez Sotheby's à Hong Kong, un record pour ce type d'objet. De même, une estampe d'Hokusai, "La Grande Vague de Kanagawa", a atteint 1,5 million d'euros lors d'une vente chez Christie's à Paris. Ces transactions médiatisées contribuent à populariser le segment auprès du grand public.

Cependant, Clémentine Guyot tempère cet enthousiasme. "Tous les objets ne prennent pas de valeur. Seules les pièces de qualité muséale, avec une provenance irréprochable et un état de conservation exceptionnel, peuvent prétendre à de telles performances", explique-t-elle. Le marché reste donc très sélectif, et l'expertise est cruciale.

Les spécificités d'un investissement dans l'art asiatique

Authenticité et provenance : des enjeux majeurs

Investir dans l'art asiatique implique des risques spécifiques, notamment en matière d'authenticité. Le marché est en effet confronté à une prolifération de faux, particulièrement pour les céramiques chinoises et les bronzes anciens. "Un certificat d'authenticité ne suffit pas. Il faut une traçabilité complète, idéalement remontant jusqu'à la dynastie d'origine", insiste Clémentine Guyot.

Les maisons de ventes comme Aguttes mettent en place des procédures rigoureuses : analyses thermoluminescentes pour les céramiques, études stylistiques par des experts, et recoupement des archives historiques. Ces précautions sont indispensables pour éviter les déconvenues, mais elles alourdissent les coûts de transaction.

Un marché peu liquide et des frais élevés

Contrairement aux actions ou aux obligations, l'art asiatique est un actif peu liquide. Une pièce peut rester en vente plusieurs mois, voire plusieurs années, avant de trouver preneur au prix souhaité. Les frais liés à l'acquisition (commissions d'enchères, transports, assurances, stockage) peuvent représenter jusqu'à 30 % du prix d'achat. De plus, la fiscalité sur les plus-values en France, notamment l'impôt sur les plus-values de cession d'objets d'art (taux forfaitaire de 6,5 % pour les ventes supérieures à 5 000 euros, sous conditions), doit être intégrée dans le calcul du rendement net.

Conclusion : un investissement de passion avant tout

L'art asiatique offre des perspectives de valorisation intéressantes, mais il ne s'adresse pas à tous les profils d'investisseurs. Clémentine Guyot recommande de considérer ces acquisitions comme un placement de long terme, nécessitant une vraie connaissance du marché ou un accompagnement par des experts. "Le meilleur investissement dans l'art asiatique, c'est d'abord d'acheter ce que l'on aime", conclut-elle. Une leçon qui vaut pour tout investissement alternatif : la passion et la patience restent les meilleures alliées du rendement.