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Le Club : "La Tech plus importante que la FED ?" – 17/06

Economie · · Par Julie MOREAU

Le Club :

# Le Club : Quand la Tech éclipse la Fed sur les marchés financiers L'émission BFM Bourse du 17 juin a soulevé une interrogation qui agite les milieux financier

# Le Club : Quand la Tech éclipse la Fed sur les marchés financiers L'émission BFM Bourse du 17 juin a soulevé une interrogation qui agite les milieux financiers : la technologie serait-elle devenue plus influente que la Réserve fédérale américaine (Fed) sur les marchés ? Ce débat, animé par Guillaume Sommerer, a réuni des experts de premier plan, dont Geoffroy Lenoir, directeur de la gestion collective chez Ofi Invest Asset Management, et Sébastien Lalevée, directeur général de Montpensier Arbevel, pour décrypter cette bascule potentielle dans la hiérarchie des forces motrices des marchés. ## Une hégémonie technologique contestée L'idée que la tech puisse supplanter la Fed repose sur plusieurs observations. D'un côté, les géants de la technologie – Apple, Microsoft, Alphabet, Amazon, Nvidia – pèsent désormais une part considérable des indices boursiers mondiaux. Leur capitalisation boursière cumulée représente, selon certaines estimations, plus de 25 % du S&P 500. De l'autre, la Fed, via ses décisions de taux directeurs et ses programmes de rachat d'actifs, a historiquement dicté le rythme des marchés. Mais depuis la crise du Covid-19, la corrélation entre les annonces de la banque centrale américaine et les mouvements boursiers semble s'être distendue, au profit des innovations technologiques et des résultats des grandes entreprises du secteur. Geoffroy Lenoir, cité dans l'émission, a souligné que "les valeurs tech ont un effet d'entraînement qui dépasse largement le simple cadre sectoriel". Les investisseurs, selon lui, regardent davantage les perspectives de croissance des entreprises comme Nvidia ou Tesla que les projections macroéconomiques de la Fed. Cette tendance, si elle se confirme, remettrait en cause des décennies de dogme financier où la politique monétaire était le principal catalyseur. ## Le rôle des intervenants et les nuances du débat L'émission du 17 juin a également accueilli d'autres experts pour enrichir la réflexion. Antoine Larigaudrie, journaliste BFM Business, Mathieu Détouche, gérant de fonds actions chez Arkéa Asset Management, et Aymeric Lang, directeur de la gestion chez Erasmus AM, ont apporté des éclairages complémentaires. Léa Dauphas, chef économiste chez TAC ECONOMICS, a rappelé que la Fed conserve un pouvoir d'influence majeur, notamment via ses anticipations d'inflation et ses décisions sur les taux longs. "Sous-estimer la Fed serait une erreur stratégique", a-t-elle averti, selon les propos rapportés dans le podcast. Jérémy Blackwell, président de Blackwell Family Office et fondateur de la newsletter bourse Limonade, a quant à lui mis en avant l'importance des "seuils techniques" et des configurations graphiques, comme celles de SanDisk, analysées par Romain Daubry, consultant pour Bourse Direct. Ces approches techniques, couplées à la montée en puissance des algorithmes de trading, renforcent l'idée que les marchés sont désormais davantage pilotés par les flux technologiques que par les décisions de politique monétaire. Stéphane Van Huffel, président de SVH Conseil, a même contesté l'idée reçue selon laquelle "il faut investir très progressivement en bourse", estimant que cette approche est "fausse" dans un contexte où la tech offre des opportunités de rendement rapides. ## Des perspectives contrastées pour les investisseurs La question centrale reste de savoir si cette prééminence de la tech est durable ou conjoncturelle. D'un côté, les innovations dans l'intelligence artificielle, le cloud computing et les semi-conducteurs offrent des perspectives de croissance qui semblent insensibles aux variations de taux. De l'autre, une remontée brutale des taux par la Fed, pour lutter contre l'inflation, pourrait brusquement refroidir l'appétit pour les valeurs de croissance, historiquement plus sensibles au coût du capital. Les participants au club ont également évoqué les valeurs "Tourisme" qui seraient "armées pour rebondir", selon Jérémy Blackwell, suggérant que la reprise post-Covid pourrait redistribuer les cartes. Ce mercredi 17 juin, les débats ont donc mis en lumière une fracture entre les tenants d'une approche macroéconomique traditionnelle et ceux qui parient sur une financiarisation accrue des innovations technologiques. Pour les investisseurs, le message est clair : comprendre les dynamiques de la tech est devenu aussi crucial que décrypter les communiqués de la Fed. La suite de l'émission, disponible en podcast sur BFM Business, promet d'approfondir ces enjeux dans les prochains épisodes, avec une attention particulière portée aux "alertes traders" et aux seuils techniques incontournables.