Le Club : "Ce jour où le 10 ans français dépassera 4%..." – 09/07

# Le Club : "Ce jour où le 10 ans français dépassera 4%..." – 09/07 Le scénario d’un taux à 10 ans français franchissant la barre des 4% agite les salles de mar
# Le Club : "Ce jour où le 10 ans français dépassera 4%..." – 09/07
Le scénario d’un taux à 10 ans français franchissant la barre des 4% agite les salles de marchés. Ce jeudi 9 juillet, l’émission BFM Bourse, présentée par Guillaume Sommerer, a consacré un débat à cette hypothèse, réunissant Marie de Leyssac, gérant allocataire chez Edmond de Rothschild Asset Management (France), et François Dossou, directeur de la gestion actions chez Sienna IM-Listed Assets. Si le seuil des 4% n’a pas encore été atteint, les intervenants ont esquissé les conditions macroéconomiques et politiques qui pourraient précipiter ce mouvement, dans un contexte de tensions sur les marchés obligataires européens.
## Le scénario d’une remontée des taux longs
La question posée par Guillaume Sommerer aux invités du Club portait sur le moment où le rendement de l’OAT à 10 ans pourrait dépasser les 4%. Selon les analyses développées lors de l’émission, plusieurs facteurs pourraient converger pour provoquer cette hausse. D’une part, la persistance de l’inflation, notamment sous l’effet des prix de l’énergie et des salaires, maintiendrait une pression haussière sur les taux directeurs de la Banque centrale européenne. D’autre part, l’endettement public français, qui atteint des niveaux historiques, pourrait entraîner une prime de risque accrue exigée par les investisseurs. Marie de Leyssac a souligné que la perception du risque souverain français, combinée à une éventuelle dégradation de la note par les agences de notation, serait un déclencheur potentiel.
## Un contexte de marché sous tension
François Dossou a pour sa part insisté sur l’interconnexion entre les marchés actions et obligataires. Une hausse du 10 ans français au-delà de 4% aurait des répercussions directes sur le coût du capital pour les entreprises et sur la valorisation des actifs risqués. Les investisseurs, dans ce scénario, pourraient arbitrer massivement des actions vers les obligations, ce qui amplifierait la volatilité. Les intervenants ont également évoqué le précédent de la crise de la dette souveraine de 2011-2012, où les spreads entre les obligations françaises et allemandes s’étaient nettement creusés. Toutefois, la situation actuelle diffère par l’intervention possible de la BCE, qui pourrait activer des outils comme le Transmission Protection Instrument (TPI) pour contenir une fragmentation excessive.
## Les implications pour les investisseurs et l’économie
Au-delà du simple seuil psychologique, le dépassement des 4% sur le 10 ans français aurait des conséquences concrètes. Pour l’État, cela signifierait un renchérissement du service de la dette, déjà lourd. Pour les ménages, les taux d’emprunt immobilier suivraient la même trajectoire, freinant l’accès au crédit. Pour les entreprises, le coût du financement augmenterait, pesant sur les investissements et l’emploi. Les invités du Club ont estimé que ce scénario n’était pas inéluctable à court terme, mais qu’il devenait plausible si la croissance économique française restait atone et si les déficits publics n’étaient pas réduits. La trajectoire des taux dépendra aussi des décisions de la Fed et de la BCE, qui influencent les conditions globales de liquidité.
## Une vigilance accrue sur les marchés
Les échanges lors de l’émission BFM Bourse ont mis en lumière l’importance de suivre de près les indicateurs macroéconomiques et les annonces des banques centrales. Les prochaines semaines seront décisives, avec la publication des chiffres d’inflation et les réunions de politique monétaire. Les investisseurs, qu’ils soient institutionnels ou particuliers, doivent intégrer ce risque dans leur allocation d’actifs. Selon les experts présents, le seuil des 4% n’est pas une fatalité, mais il représente un signal d’alerte que les marchés ne peuvent ignorer. La prudence reste de mise, d’autant que la liquidité pourrait se dégrader en cas de tensions soudaines.