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Le chargement des bateaux a fondu de 1.500 à 400 tonnes sur le Rhin en août: en Europe, le fret fluvial subit les conséquences de la sécheresse (et cela coûte cher)

Economie · · Par Julie MOREAU

Le chargement des bateaux a fondu de 1.500 à 400 tonnes sur le Rhin en août: en Europe, le fret fluvial subit les conséquences de la sécheresse (et cela coûte cher)

Le chargement des bateaux a fondu de 1.500 à 400 tonnes sur le Rhin en août : en Europe, le fret fluvial subit les conséquences de la sécheresse (et cela coûte

Le chargement des bateaux a fondu de 1.500 à 400 tonnes sur le Rhin en août : en Europe, le fret fluvial subit les conséquences de la sécheresse (et cela coûte cher) La sécheresse exceptionnelle qui frappe l'Europe depuis le début de l'été a mis le transport fluvial sous tension, avec des conséquences économiques directes. Sur le Rhin, artère majeure du fret européen, la capacité de chargement des barges a chuté de manière spectaculaire, passant de 1.500 tonnes à seulement 400 tonnes en août. Cette situation inédite, liée à des niveaux d'eau historiquement bas, suscite des craintes de pénurie et une hausse significative des coûts logistiques, alors que les épisodes caniculaires se multiplient sur le continent. ### Une situation critique sur le Rhin, épicentre du fret fluvial européen Si la France et la Belgique connaissent des conditions proches de la normale, l'Allemagne fait face à une crise majeure, particulièrement sur le Rhin, qui constitue le cœur du système fluvial européen. Le géant danois du transport maritime Maersk a qualifié la situation de "sans précédent" mercredi dernier, indiquant que "la plupart des ports fluviaux situés le long du Rhin ne sont plus accessibles par barge". À Kaub, principal point de passage du fleuve, la jauge de référence est tombée à environ 6 centimètres le 14 août, un niveau inférieur au précédent record de 25 centimètres enregistré en 2018, selon l'association Clecat, qui représente le fret européen. Cette dégradation rapide des conditions de navigation s'explique par une sécheresse qui a débuté bien plus tôt que lors des épisodes de 2003, 2018 ou 2022. Les effets se font ressentir jusqu'à Rotterdam, le grand port néerlandais, et des conditions "sévères" sont également observées sur certaines portions du Danube, notamment en Serbie, en Hongrie et en Roumanie. La baisse de la capacité de chargement des barges, qui passent de 1.500 à 400 tonnes, illustre l'ampleur du phénomène et ses répercussions sur l'ensemble de la chaîne logistique européenne. ### Des répercussions économiques et logistiques majeures Pour les opérateurs logistiques, l'enjeu est désormais de jongler entre le fret ferroviaire et le routier afin de soulager les tensions. L'objectif est de "parcourir le moins de distance possible sur le Rhin", explique Contargo, opérateur intermodal dont l'activité repose habituellement à 62% sur le fluvial. Toutefois, les capacités du rail et de la route sont limitées : une seule barge nécessite "entre 100 et 200 camions", estime Jean-Laurent Kistler, chef du développement à VNF Strasbourg. Les complications concernent particulièrement les produits acheminés en vrac, difficilement transférables en conteneurs, tels que les produits chimiques, les hydrocarbures, les matériaux de construction ou les céréales. Un début de pénurie de carburant a d'ailleurs touché l'Alsace autour de cette période, illustrant les conséquences concrètes de cette crise sur les consommateurs et les entreprises. La baisse de capacité de chargement entraîne également une hausse des coûts de transport, les opérateurs devant multiplier les trajets pour transporter les mêmes volumes de marchandises. Cette situation pourrait perdurer si les conditions météorologiques ne s'améliorent pas rapidement, avec des risques accrus pour l'approvisionnement en produits essentiels et pour la compétitivité des industries européennes dépendantes du fret fluvial. ### Un avenir incertain face au changement climatique La répétition des épisodes de sécheresse sévère, avec des records battus à chaque occurrence, soulève des questions sur la résilience du réseau fluvial européen face au changement climatique. Les infrastructures et les pratiques logistiques devront probablement être repensées pour s'adapter à des conditions hydrologiques de plus en plus imprévisibles. Les investissements dans la modernisation des barges, l'approfondissement des chenaux ou le développement de solutions alternatives pourraient devenir prioritaires pour garantir la fiabilité des chaînes d'approvisionnement. En attendant, les opérateurs et les autorités restent en alerte, surveillant de près l'évolution des niveaux d'eau sur le Rhin et le Danube, alors que l'automne approche sans garantie d'une amélioration significative.