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«Le son des bombardements effraie les élèves»: au sud du Liban, des écoles ont ouvert malgré la guerre

Monde · · Par Claire BERNARD

«Le son des bombardements effraie les élèves»: au sud du Liban, des écoles ont ouvert malgré la guerre

Au sud du Liban, la rentrée scolaire s'est déroulée dans un contexte de conflit armé persistant. Selon un reportage de RFI publié le 2 octobre 2026, des établis

Au sud du Liban, la rentrée scolaire s'est déroulée dans un contexte de conflit armé persistant. Selon un reportage de RFI publié le 2 octobre 2026, des établissements ont rouvert leurs portes malgré les bombardements et l'occupation d'une partie du territoire par l'armée israélienne, qui concerne 6 % du sol libanais. Plus de 100 000 écoliers risquent d'être privés d'école, tandis que 340 établissements ont subi des dommages et que 17 ont été complètement détruits. ## Une rentrée sous le bruit des explosions À Nabatieh, au sud du pays, le collège des sœurs Antonines a repris ses cours avec des effectifs considérablement réduits. Selon les informations rapportées par RFI, moins de 500 élèves y sont scolarisés cette année, contre plus de 1 300 avant 2024. Sœur Marie Touma, directrice de l'établissement Notre-Dame des Sœurs Antonines, a expliqué avoir avancé l'horaire de sortie à 13h30 en raison de la situation sécuritaire. « L'après-midi, on constate qu'il y a des bombardements. Le son des bombardements effraie les élèves », a-t-elle confié à la correspondante de RFI. Cette décision, prise pour limiter l'exposition des enfants aux détonations, illustre les adaptations imposées par un conflit qui dure depuis 2023. ## Des infrastructures scolaires durement touchées L'établissement a subi des dégâts importants pour la seconde fois en deux ans. Selon le témoignage de la directrice, le laboratoire a été entièrement détruit, ce qu'elle qualifie de « plus grande perte de l'école ». Toutes les fenêtres ont explosé, et les salles de classe portent les traces de l'impact : aluminium arraché, vitres brisées. Le préau, d'où l'on aperçoit les zones occupées par l'État hébreu, conserve la marque d'un missile israélien. Lors de la visite, plusieurs explosions ont été entendues, au moins cinq bombardements ou détonations ayant été relevés par la journaliste sur place. Ces dégradations s'ajoutent à celles déjà documentées sur l'ensemble du territoire, où 340 établissements ont été endommagés et 17 détruits. ## Une crise éducative cumulative Ce retour partiel sur les bancs de l'école intervient dans un contexte d'accès à l'éducation déjà fragilisé. Selon RFI, la crise économique, la pandémie de Covid-19 et la guerre débutée en 2023 ont ébranlé le système scolaire libanais. La fermeture ou l'endommagement de centaines d'écoles pourrait priver 100 000 écoliers d'une scolarité normale, une situation d'autant plus préoccupante que les infrastructures restantes peinent à absorber les effectifs déplacés. Les établissements encore fonctionnels, comme celui de Nabatieh, doivent composer avec des contraintes matérielles et sécuritaires qui limitent leur capacité d'accueil. ## Un avenir scolaire incertain Malgré les destructions et la persistance des hostilités, l'école continuera de fonctionner, selon les déclarations recueillies par RFI. Cette continuité, présentée comme une nécessité par les responsables locaux, soulève toutefois des questions sur les conditions d'apprentissage et la protection des élèves. La décision de maintenir les cours, même avec des horaires réduits, témoigne d'une volonté de préserver un cadre éducatif dans une région où l'avenir des enfants demeure suspendu à l'évolution du conflit.