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Largement handicapés par la fermeture du détroit d'Ormuz, onze pays d'Asie du Sud-Est planchent sur une réserve commune de carburants

Economie · · Par Julie MOREAU

Largement handicapés par la fermeture du détroit d'Ormuz, onze pays d'Asie du Sud-Est planchent sur une réserve commune de carburants

La fermeture du détroit d'Ormuz, un passage stratégique pour le transport des hydrocarbures, a des conséquences notables sur l'économie des pays d'Asie du Sud-E

La fermeture du détroit d'Ormuz, un passage stratégique pour le transport des hydrocarbures, a des conséquences notables sur l'économie des pays d'Asie du Sud-Est. Lors d'un sommet récent à Cebu, aux Philippines, les dirigeants de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) ont engagé des discussions sur la création d'une réserve commune de carburants. Cette initiative vise à faire face à la crise énergétique exacerbée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le président philippin Ferdinand Marcos a déclaré que "nous nous mobilisons pour promouvoir et développer l'idée de constituer une réserve de carburants de tous types". Cette déclaration a été faite lors d'une conférence de presse à l'issue du 48e sommet de l'ASEAN, qui s'est tenu le 8 mai 2026. Les discussions ont été déclenchées par la fermeture de facto du détroit d'Ormuz, suite aux attaques israélo-américaines sur l'Iran, survenues le 28 février. Ce détroit est crucial, car il représente environ 20% des échanges mondiaux de pétrole et 80% des hydrocarbures destinés à l'Asie en temps de paix. Les pays membres de l'ASEAN, qui incluent des nations fortement dépendantes des importations de carburants, cherchent à diversifier leurs sources d'approvisionnement et à stabiliser leurs marchés. La flambée des prix du carburant et des denrées alimentaires est devenue un défi majeur pour ces pays, rendant urgentes les discussions sur la création d'une réserve commune. Selon des sources, certains pays de l'ASEAN disposent d'excédents de certains types de carburants, tandis que d'autres en souffrent. "Nous essayons d’équilibrer cela", a ajouté Ferdinand Marcos, soulignant l'importance d'une coopération régionale renforcée pour garantir la sécurité énergétique. En parallèle, l'ASEAN a également appelé à la ratification rapide d'un accord-cadre sur la sécurité pétrolière. Ce programme de partage des carburants vise à établir des mécanismes de coopération entre les États membres, afin de garantir un approvisionnement stable et de minimiser les risques de pénurie. L'initiative de réserve de carburants pourrait également inclure des stocks stratégiques qui permettraient aux pays de faire face à des crises futures. Outre la sécurité énergétique, les dirigeants de l'ASEAN ont également discuté de la mise en place d'un réseau électrique commun. Ce projet vise à relier les réseaux nationaux, facilitant ainsi les échanges d'électricité entre les pays membres. Cela pourrait contribuer à réduire la dépendance aux combustibles fossiles et à promouvoir l'utilisation des énergies renouvelables, un enjeu crucial à l'heure où la transition énergétique est au cœur des préoccupations mondiales. La situation actuelle souligne les vulnérabilités des économies d'Asie du Sud-Est face aux chocs externes, notamment ceux liés aux conflits au Moyen-Orient. Les pays de la région doivent désormais envisager des solutions à long terme pour renforcer leur résilience. La création d'une réserve commune de carburants pourrait être un premier pas vers une plus grande intégration économique et une meilleure gestion des ressources énergétiques. Néanmoins, la mise en œuvre de ces initiatives nécessitera un engagement fort de la part des États membres. Des discussions approfondies seront nécessaires pour établir les modalités de fonctionnement de cette réserve commune et pour définir les responsabilités de chaque pays dans le cadre de l'accord-cadre sur la sécurité pétrolière. La coopération régionale en matière d'énergie pourrait également ouvrir la voie à d'autres formes de collaboration, notamment dans les domaines de la technologie et de l'innovation. Les pays de l'ASEAN pourraient bénéficier d'un partage d'expertise pour développer des infrastructures plus résilientes et durables. En conclusion, alors que l'Asie du Sud-Est fait face à des défis énergétiques importants, la création d'une réserve commune de carburants représente une opportunité de renforcer la coopération régionale et de garantir une meilleure sécurité énergétique. Les discussions en cours lors du sommet de Cebu sont un premier pas vers une réponse collective aux crises actuelles et futures.