La voiture électrique n’était pas faite pour moi, mais j’ai franchi le pas : mon avis après 2500 km

L’électrique n’était pas pour lui. Après six semaines et 2 500 km au volant d’un Mitsubishi Eclipse Cross 100 % électrique, le journaliste Paul Carcenac livre,
L’électrique n’était pas pour lui. Après six semaines et 2 500 km au volant d’un Mitsubishi Eclipse Cross 100 % électrique, le journaliste Paul Carcenac livre, dans les colonnes du *Figaro*, un témoignage sans concession. Réticent de longue date, il détaille les points de friction, les surprises et les enseignements tirés de cette première expérience prolongée.
### Un profil pourtant réputé incompatible
Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, Paul Carcenac ne correspondait, a priori, à aucun des critères du conducteur électrique idéal. Il ne possédait pas de place de parking dans son immeuble, et donc aucune borne de recharge à domicile. Ses habitudes de conduite incluaient de longs trajets, principalement sur autoroute, avec des étapes pouvant dépasser 700 à 800 km d’une traite. Autant de facteurs qui, d’après son propre récit, auraient dû le dissuader de franchir le pas.
L’auteur reconnaît également une méconnaissance technique initiale. Les notions de courant alternatif ou continu, les puissances de charge ou encore la gestion des cartes de recharge lui semblaient obscures. Il confie avoir longtemps privilégié les moteurs thermiques pour leurs sensations et leur sonorité, tout en louant régulièrement des véhicules variés lors de ses déplacements. Ce contexte précis a servi de toile de fond à son essai prolongé.
### Le confort de conduite : une découverte progressive
Le premier enseignement de ce test concerne le comportement routier du SUV japonais. D’après le témoignage publié, le confort de conduite se serait révélé être un atout majeur, malgré les appréhensions initiales. La souplesse de la mécanique électrique et l’absence de boîte de vitesses traditionnelle offriraient une expérience apaisée, notamment en ville et sur routes secondaires. L’auteur souligne une douceur de fonctionnement qui contraste avec les à-coups parfois ressentis sur les modèles thermiques.
Toutefois, cette découverte positive ne serait pas exempte de réserves. Sur autoroute, le comportement du véhicule semblerait plus contrasté, avec des sensations différentes de celles attendues. Le journaliste note que l’adaptation à la conduite à une pédale, caractéristique de nombreux modèles électriques, demande un temps d’apprentissage non négligeable. Cette phase d’adaptation pourrait expliquer une partie des réticences exprimées par les conducteurs novices.
### Recharge et autonomie : entre atouts et galères
Le chapitre consacré à la recharge constitue le cœur du récit. Paul Carcenac décrit un quotidien rythmé par la recherche de bornes publiques, notamment sur les parkings de supermarchés, comme celui illustré dans son article. Selon ses observations, l’autonomie réelle du Mitsubishi Eclipse Cross varierait sensiblement selon les conditions de circulation, la météo et le type de route emprunté. Les grands trajets autoroutiers, en particulier, réduiraient la distance praticable entre deux charges.
Les difficultés rencontrées ne seraient toutefois pas uniquement liées au véhicule lui-même. L’auteur évoque des questionnements logistiques : faut-il une carte spécifique, comment brancher correctement, quelle borne choisir ? Ces interrogations, bien que banales pour les habitués, constitueraient une barrière psychologique importante pour les novices. Le témoignage suggère que l’infrastructure de recharge, bien que croissante, exige encore une certaine organisation de la part des utilisateurs.
### Le coût : un avantage à double tranchant
L’aspect financier est présenté comme un atout indéniable, mais nuancé. D’après les éléments rapportés, le coût d’utilisation au kilomètre serait nettement inférieur à celui d’un véhicule thermique équivalent. Cette économie, particulièrement visible sur les trajets quotidiens, constituerait une motivation forte pour poursuivre l’expérience. Le journaliste souligne également l’entretien simplifié, avec moins de pièces d’usure et des intervalles de maintenance allongés.
Cependant, cet avantage serait contrebalancé par des coûts indirects. L’absence de borne à domicile oblige à recourir aux réseaux publics, dont les tarifs varient considérablement selon les opérateurs et les heures de charge. Cette variabilité rendrait difficile une estimation précise du budget mensuel. L’auteur laisse entendre que l’économie réelle dépendrait fortement des conditions d’usage et de l’accès à des solutions de recharge privées.
### Un bilan contrasté après six semaines
Au terme de cette période d’essai, le verdict de Paul Carcenac se veut mesuré. Il ne s’agit ni d’une adhésion totale, ni d’un rejet catégorique. Le témoignage, publié le 5 août 2026, met en lumière les progrès accomplis par la technologie électrique, tout en pointant les défis logistiques qui persistent pour une partie des automobilistes. Son expérience personnelle, marquée par des trajets longs et réguliers, pourrait ne pas refléter celle d’un usage exclusivement urbain.
Ce récit illustre, en filigrane, les questionnements plus larges qui entourent la transition énergétique du parc automobile français. Si les ventes de véhicules électriques progressent, l’accessibilité à une recharge pratique et économique demeure un enjeu central pour démocratiser cette technologie. L’expérience relatée pourrait ainsi servir de retour d’expérience utile pour les conducteurs hésitants, confrontés aux mêmes interrogations quant à la faisabilité d’un passage à l’électrique dans des conditions d’usage exigeantes.