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La Ville de Paris réussit enfin à vendre le « grenier » des Goncourt et l’hôtel particulier Haviland

Culture · · Par Emma ROUSSEAU

La Ville de Paris réussit enfin à vendre le « grenier » des Goncourt et l’hôtel particulier Haviland

## La Ville de Paris vend le « grenier » des Goncourt et l'hôtel Haviland : 11 millions d'euros pour renflouer les caisses C'est une page qui se tourne dans le

## La Ville de Paris vend le « grenier » des Goncourt et l'hôtel Haviland : 11 millions d'euros pour renflouer les caisses C'est une page qui se tourne dans le patrimoine littéraire parisien. Selon les informations du *Monde Culture*, la Mairie de Paris a finalement trouvé preneurs pour deux biens emblématiques : l'hôtel particulier Haviland et l'hôtel de Montmorency, ancienne demeure des frères Goncourt. L'opération, longtemps restée en suspens, rapporte à la capitale une somme totale estimée à 11 millions d'euros. Une bouffée d'oxygène pour une municipalité dont la dette ne cesse de s'alourdir. ## Deux adresses chargées d'histoire L'hôtel de Montmorency, situé dans le cœur historique de la rive droite, abritait ce que l'on surnommait le « grenier » des Goncourt — un espace où Edmond et Jules de Goncourt, figures tutélaires du naturalisme français, ont nourri leur œuvre et leur célèbre *Journal*. Le lieu, chargé de souvenirs littéraires, était devenu au fil des décennies un symbole autant qu'un fardeau pour la Ville. Quant à l'hôtel Haviland, du nom de la prestigieuse manufacture de porcelaine de Limoges installée à Paris au XIXe siècle, il constitue un témoignage architectural rare de l'activité industrielle et artistique de la capitale à cette époque. ## Des ventes longtemps difficiles L'affaire traînait depuis plusieurs années. La Mairie avait multiplié les tentatives de cession, sans succès, tant le marché de l'immobilier de prestige s'était montré frileux. Le contexte économique — hausse des taux, attentisme des investisseurs, coûts de rénovation considérables pour des bâtiments classés ou fortement contraints — expliquait en partie ces échecs successifs. L'identité même des lieux, leur valeur patrimoniale et symbolique, rendait toute transaction délicate : fallait-il vendre au plus offrant, ou privilégier un projet respectueux de l'histoire des murs ? La question a longtemps paralysé les décisions. ## 11 millions d'euros, une goutte d'eau ? Le gain total de 11 millions d'euros, s'il reste modeste à l'échelle du budget municipal, n'en demeure pas moins bienvenu. Paris fait face à une dette croissante, alimentée par des dépenses de fonctionnement élevées et des investissements importants dans les domaines de la transition écologique, du logement et des transports. Chaque euro de cession immobilière est donc scruté. Certains observateurs s'interrogent toutefois : brader le patrimoine littéraire pour équilibrer des comptes est-il le bon calcul ? D'autres rappellent que ces bâtiments, mal entretenus, coûtaient chaque année à la collectivité. ## Quel avenir pour ces lieux de mémoire ? Les acquéreurs, dont l'identité n'a pas été précisée à ce stade, n'ont pas communiqué leurs intentions. S'agira-t-il de reconversions en lieux culturels, en espaces privés, ou en projets hôteliers ? La question reste ouverte. Ce qui est certain, c'est que la disparition de ces adresses du giron public marque une étape dans la relation entre Paris et son héritage littéraire. Le « grenier » des Goncourt, où souffla jadis l'esprit d'une époque, change de mains. Reste à espérer que les nouveaux propriétaires sauront en préserver l'âme.