La tonne de blé est au plus haut depuis un an: en plus des canicules et du blocage d'Ormuz, le cours des céréales flambent parce que les Russes n'osent plus traverser le détroit de Kertch

# La tonne de blé au plus haut depuis un an : canicules et tensions géopolitiques conjuguent leurs effets sur les marchés Les cours mondiaux du blé atteignent d
# La tonne de blé au plus haut depuis un an : canicules et tensions géopolitiques conjuguent leurs effets sur les marchés
Les cours mondiaux du blé atteignent des niveaux inédits depuis plus d'un an, portés par une conjonction de facteurs climatiques et géopolitiques. Sur le marché européen, la tonne de blé s'échangeait mercredi au-dessus des 230 euros, son plus haut niveau depuis un an, tandis que le maïs progressait à plus de 245 euros la tonne, un pic depuis deux ans. Canicules en Europe, blocage du détroit d'Ormuz et suspension de la navigation russe dans le détroit de Kertch créent une tempête parfaite sur les marchés céréaliers.
## Un cocktail de risques climatiques et géopolitiques
Selon les informations rapportées par BFM Business, plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer cette flambée des prix. D'un côté, les épisodes caniculaires qui ont frappé l'Europe, et particulièrement la France, premier producteur européen de céréales, pèsent sur les rendements. Dans les régions tardives comme la Normandie et les Hauts-de-France, où la récolte s'achève, les blés sont parfois moins remplis et plus petits. Pour le maïs, la situation s'annonce encore plus préoccupante : "chaque jour qui passe sans pluie est dramatique", a relevé Sébastien Poncelet, analyste chez Argus Media France, cité par BFM Business, ajoutant que la récolte en France et en Europe s'annonce catastrophique.
## Le détroit de Kertch, un goulet d'étranglement stratégique
Mais le principal moteur de cette hausse des cours est d'ordre géopolitique. "Le principal moteur de la hausse des cours est le retour du risque géopolitique global", a souligné l'analyste. Deux zones de navigation stratégiques sont concernées : le détroit d'Ormuz, du fait des bombardements iraniens et américains, et le détroit de Kertch, que la Russie n'emprunte plus à cause des risques de bombardements ukrainiens. Ce dernier point est particulièrement critique pour le commerce céréalier : un quart des exportations de blé russe transitent par la mer d'Azov, puis par le détroit de Kertch pour rejoindre la mer Noire et le Bosphore. La suspension de la navigation dans ce détroit, par crainte des frappes ukrainiennes, perturbe directement les flux d'approvisionnement mondiaux.
## Des répercussions sur l'ensemble des marchés céréaliers
Les cours du blé grimpent sur toutes les places financières, de la Bourse de Chicago à Euronext. Cette hausse intervient en pleine période de récolte dans l'hémisphère Nord, ce qui amplifie les tensions sur les prix. Si la canicule a déjà pesé sur les rendements européens, l'incertitude créée par la situation en mer Noire pourrait avoir des conséquences durables. "La récolte débute à peine en Russie, mais cela crée un doute sur l'approvisionnement", a précisé Sébastien Poncelet, sans que l'on puisse encore mesurer l'ampleur exacte des perturbations.
## Perspectives incertaines pour les mois à venir
L'évolution des cours dépendra désormais de plusieurs variables : la durée des tensions géopolitiques dans les détroits d'Ormuz et de Kertch, l'ampleur des dégâts causés par la canicule sur les récoltes européennes, et la capacité des producteurs à maintenir leurs exportations malgré les risques. Les marchés restent en alerte, d'autant que la saison des récoltes dans l'hémisphère Nord s'achève dans un contexte de forte incertitude. Pour les consommateurs comme pour les industries agroalimentaires, cette flambée des cours pourrait se traduire par une hausse des prix du pain et des produits céréaliers dans les semaines à venir.