La taxe de 3 euros appliquée depuis le 1er juillet est insuffisante: l'industrie textile européenne réclame à Bruxelles des "frais de traitement" de 10 euros par colis venus d'Asie

L’industrie textile européenne monte d’un cran face aux géants du e-commerce asiatique. Réunies mardi lors du salon spécialisé Première Vision, les principales
L’industrie textile européenne monte d’un cran face aux géants du e-commerce asiatique. Réunies mardi lors du salon spécialisé Première Vision, les principales fédérations textiles du continent ont officiellement demandé à la Commission européenne d’instaurer des « frais de traitement » de 10 euros par petit colis importé d’Asie, estimant que la taxe de 3 euros appliquée depuis le 1er juillet s’avère largement insuffisante pour endiguer le phénomène.
### Une mesure jugée trop timide face à l’afflux de colis
Depuis le 1er juillet, l’Union européenne applique une taxe de 3 euros sur chaque catégorie de produits transportés dans les petits paquets issus de plateformes comme Shein, Temu ou AliExpress. Mais pour les fédérations textiles européennes, ce montant ne représente qu’une goutte d’eau face au volume considérable de marchandises qui transitent quotidiennement par ces canaux. Selon les professionnels du secteur, ce niveau de taxation ne couvre même pas les coûts logistiques et administratifs de traitement de ces colis, qui inondent les entrepôts et les services de douane sans contrepartie financière à la hauteur des enjeux.
Les industriels européens pointent du doigt une double peine : d’un côté, une concurrence déloyale, ces plateformes bénéficiant de conditions fiscales et sociales avantageuses dans leurs pays d’origine ; de l’autre, une pollution environnementale significative, liée aux transports longue distance et aux emballages non recyclables. Les fédérations estiment que le passage à 10 euros par paquet permettrait de rééquilibrer les règles du jeu tout en finançant une partie des coûts liés au traitement de ces flux massifs.
### Des accusations de pollution et de concurrence déloyale
Les plateformes asiatiques de vente en ligne sont régulièrement montrées du doigt par les acteurs traditionnels du textile européen. Au-delà de la question purement fiscale, ces entreprises sont accusées de ne pas respecter les normes environnementales et sociales en vigueur sur le Vieux Continent. La production à bas coût, souvent réalisée dans des conditions opaques, génère des volumes de déchets textiles considérables, tandis que les délais de livraison courts encouragent une consommation compulsive et jetable.
Les fédérations textiles, qui représentent des milliers d’entreprises et des centaines de milliers d’emplois en Europe, plaident pour une action plus ferme de Bruxelles. Elles rappellent que le secteur européen du textile investit massivement dans la transition écologique, la traçabilité et le recyclage, mais que ces efforts sont compromis par l’afflux de produits importés à des prix défiant toute concurrence, sans contraintes équivalentes.
### Bruxelles sous pression pour durcir le dispositif
La demande formulée lors du salon Première Vision intervient dans un contexte où la Commission européenne examine déjà plusieurs pistes pour réguler les importations de petits colis. La taxe de 3 euros, entrée en vigueur au 1er juillet, a été perçue comme un premier signal, mais les professionnels du secteur la jugent symbolique plutôt que dissuasive. Le passage à 10 euros représenterait un triplement du montant actuel, un niveau que les fédérations jugent nécessaire pour avoir un impact réel sur les flux.
Les discussions s’annoncent complexes, car une telle mesure pourrait avoir des répercussions sur les consommateurs européens, habitués à des prix très bas sur ces plateformes. Les décideurs politiques devront arbitrer entre la protection de l’industrie locale et le maintien du pouvoir d’achat des ménages. Les prochaines semaines seront déterminantes pour observer si la Commission européenne entend donner suite à cette requête, alors que le secteur textile européen espère une décision rapide avant la fin de l’année.