Onyx Infos

"La solution principale et prioritaire se trouve en France": Christine Lagarde appellent les Français à régler eux-mêmes leur problème de dette

Economie · · Par Julie MOREAU

## La BCE renvoie la France à ses responsabilités budgétaires Christine Lagarde a clarifié la position de la Banque centrale européenne face aux tensions qui ag

## La BCE renvoie la France à ses responsabilités budgétaires Christine Lagarde a clarifié la position de la Banque centrale européenne face aux tensions qui agitent les marchés obligataires français. Interrogée sur une éventuelle intervention de l'institution de Francfort pour soutenir Paris, la présidente de la BCE a été catégorique : il appartient à la France de rassurer les investisseurs par sa propre politique budgétaire. Une déclaration qui intervient alors que les taux d'emprunt français connaissent une poussée inquiétante. ## Des taux à 10 ans au plus haut Le signal est difficile à ignorer. Les obligations françaises à dix ans ont vu leur rendement grimper jusqu'à 4,8 %, un niveau qui traduit une défiance croissante des investisseurs. Ces derniers redoutent que les manœuvres politiques à l'approche de l'élection présidentielle de l'année prochaine ne viennent compromettre les efforts du gouvernement pour réduire le déficit public. Dans ce contexte, la question d'un soutien de la BCE revenait avec insistance. Christine Lagarde y a répondu sans ambiguïté lors d'un événement organisé par CNN : « Certaines circonstances particulières font que certains pays sont plus touchés que d'autres, la France en est un exemple typique. Et dans ce cas précis, la solution principale et prioritaire se trouve en France même. Et elle passe par les politiques budgétaires. » ## Le budget, test décisif pour Paris La patronne de la BCE a insisté sur un point précis : l'adoption du budget. « Il est important que le budget soit adopté », a-t-elle martelé, reprenant une préoccupation exprimée la veille par le commissaire européen aux Affaires économiques. Ce dernier avait qualifié d'« ambitieux » le projet de loi de finances présenté le 1er octobre par le gouvernement, jugeant son adoption indispensable. Le texte est actuellement examiné à l'Assemblée nationale, où l'exécutif ne dispose pas d'une majorité pour le voter. Le gouvernement maintient son objectif de ramener le déficit sous les 5 % en 2027, mais l'impasse parlementaire pourrait l'obliger à engager des négociations pour dégager une majorité. ## L'option d'un sauvetage en dernier recours Pour l'instant, la BCE exclut donc toute intervention. Mais plusieurs spécialistes estiment que si la France venait à s'enfoncer dans une crise de la dette, l'institution n'aurait pas d'autre choix que d'agir. Trois instruments seraient alors à sa disposition, que certains analystes qualifient de « douce, puissante et douloureuse ». Cette perspective reste toutefois conditionnée à une dégradation majeure de la situation, que ni Paris ni Francfort n'appellent de leurs vœux. La déclaration de Christine Lagarde place ainsi l'exécutif face à ses responsabilités : rassurer les marchés passe d'abord par un budget crédible et adopté. À défaut, la France s'exposerait à un renchérissement durable de son financement, avec des conséquences directes sur ses marges de manœuvre budgétaires.