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"La situation est alarmante à long terme": un comité d'experts insiste pour sous-indexer les pensions de retraite par rapport à l'inflation

Economie · · Par Julie MOREAU

# Pensions de retraite : le cri d’alarme du comité d’experts sur la sous-indexation Le comité de suivi des retraites (CSR), composé de cinq experts indépendants

# Pensions de retraite : le cri d’alarme du comité d’experts sur la sous-indexation Le comité de suivi des retraites (CSR), composé de cinq experts indépendants, a rendu public jeudi son avis annuel à destination du gouvernement, dressant un constat sans appel sur la santé financière du système. Selon ce rapport, la situation est jugée "préoccupante d'ici 2045 et alarmante à plus long terme", poussant les spécialistes à réitérer une recommandation forte : sous-indexer les pensions de retraite par rapport à l’inflation, à hauteur d’au moins 2 points cumulés d’ici 2030. Cette mesure, déjà proposée en 2025, vise à ramener le système à l’équilibre, alors que les débats budgétaires de l’hiver dernier avaient vu un projet de gel des retraites de base être abandonné sous la pression sociale. ## Une "règle d'or" pour encadrer le pilotage du système Au-delà de la sous-indexation, le CSR insiste sur la nécessité de mettre en place une "règle d'or" imposant le respect de l’équilibre financier du régime général. Cette règle serait assortie d’un "coefficient de soutenabilité", un mécanisme automatique qui se déclencherait si l’équilibre n’est pas atteint. Les experts proposent également une "trajectoire de référence de hausse de l’âge de cessation d’activité", qui serait votée par le Parlement, ainsi qu’un "comité d’alerte" chargé de vérifier chaque année le respect de ces deux piliers. Cette architecture vise à éviter les dérives budgétaires et à offrir une visibilité à long terme, tant pour les pouvoirs publics que pour les cotisants. ## Des limites de la sous-indexation après 2030 Le comité prévient toutefois que la sous-indexation des pensions ne pourra pas, à elle seule, résoudre les déséquilibres au-delà de 2030. "À l’horizon 2040, la sous-indexation des pensions ne pourra pas à elle seule assurer l’équilibre du système de retraite", avertit le CSR dans son avis. Cette mise en garde souligne la nécessité de mesures complémentaires, notamment une réflexion sur l’âge légal de départ et les conditions de travail. Les experts estiment par ailleurs que "l’augmentation de l’âge de cessation d’activité devrait faire l’objet d’un dialogue social renforcé, dans les entreprises et dans les branches", en particulier autour des questions de prévention de l’usure professionnelle. ## Un dialogue social indispensable pour l’âge de départ Le rapport met en avant l’importance d’associer les partenaires sociaux à toute évolution de l’âge de la retraite. Le CSR insiste sur la nécessité de "renforcer le dialogue social dans les entreprises et les branches" pour aborder les enjeux de pénibilité et d’emploi des seniors. Cette approche, plus consensuelle, pourrait permettre d’éviter les tensions observées lors des précédentes réformes, comme celle de 2023 qui avait suscité une forte opposition. Les experts appellent à une "trajectoire de référence" claire, mais adaptable, pour concilier viabilité financière et acceptabilité sociale. ## Perspectives : un calendrier serré pour le gouvernement Alors que le gouvernement doit présenter son prochain budget à l’automne, ces recommandations du CSR placent l’exécutif face à un dilemme. La sous-indexation des pensions, si elle permettait d’économiser plusieurs milliards d’euros par an, reste politiquement sensible, comme l’a montré l’abandon du gel des retraites en 2025. Les experts, de leur côté, rappellent que l’inaction n’est pas une option : sans correction, les déficits du système pourraient atteindre des niveaux insoutenables d’ici 2045. La création d’une règle d’or, adossée à un mécanisme automatique, offrirait une discipline budgétaire, mais son adoption nécessiterait un large consensus parlementaire. Dans ce contexte, le gouvernement devra arbitrer entre les impératifs financiers et les attentes des retraités, alors que l’inflation continue d’éroder le pouvoir d’achat des ménages.