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«La Russie a changé de tactique» : bombardée jour et nuit, Kiev devient une ligne de front

Une · · Par Claire BERNARD

«La Russie a changé de tactique» : bombardée jour et nuit, Kiev devient une ligne de front

À Kiev, les sirènes ne hurlent plus seulement à la faveur de la nuit. Depuis deux mois et demi, la capitale ukrainienne est soumise à un pilonnage quasi ininter

À Kiev, les sirènes ne hurlent plus seulement à la faveur de la nuit. Depuis deux mois et demi, la capitale ukrainienne est soumise à un pilonnage quasi ininterrompu, y compris en plein jour, contraignant ses habitants à une vie rythmée par les alertes et les descentes dans le métro. Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, dont les envoyées spéciales Clara Marchaud et Elisabeth Pierson ont documenté la situation sur place, cette intensification marquerait un changement de tactique délibéré de la part de Moscou. ### Une pression diurne inédite depuis 2022 Le constat est sans appel pour les observateurs sur le terrain. Historiquement, les frappes russes sur Kiev privilégiaient l'obscurité, un choix stratégique visant à compliquer le travail de la défense antiaérienne ukrainienne. Toutefois, d'après le reportage publié le 2 septembre 2026, la donne aurait radicalement changé. Les attaques se dérouleraient désormais du matin au soir, exposant la population à un danger permanent. Le jeudi 28 août, à 12 h 30, les rues de la capitale se sont vidées tandis que les mitrailleuses crépitaient pour tenter d'abattre des drones russes évoluant au-dessus des gratte-ciel. Ce jour-là, treize alertes ont été enregistrées, un chiffre qualifié de record par le quotidien français depuis le début de l'invasion à grande échelle en 2022. Cette nouvelle temporalité dans les bombardements ne serait pas anodine. Elle interviendrait dans un contexte de pénurie critique d'intercepteurs de missiles pour la défense ukrainienne. En exploitant cette faiblesse logistique, la Russie chercherait à épuiser non seulement les capacités militaires de l'Ukraine, mais également le moral des civils de la capitale. Les dates des frappes, qu'il s'agisse du 31 juillet, du 6 ou du 20 août, s'enchaînent sans répit, illustrant une cadence qui ne faiblit pas. Les habitants de Kiev, contraints de s'adapter à ce rythme effréné, vivent désormais dans l'attente constante de la prochaine alerte. ### Un bilan humain en forte hausse Les conséquences de cette intensification se mesurent également en vies humaines. Selon des données rapportées par l'ONU et citées par *Le Figaro*, le mois de juillet aurait été particulièrement meurtrier. Pas moins de 437 civils auraient été tués et 2 610 autres blessés sur l'ensemble du territoire ukrainien. Ce bilan, s'il était confirmé, représenterait le plus lourd enregistré depuis mars 2022, période des premières semaines de l'invasion et des combats les plus intenses. Ces chiffres témoigneraient d'une escalade significative de la violence, alors que les frappes semblent de moins en moins discriminatoires, touchant des zones résidentielles. Le reportage du *Figaro* décrit notamment la scène d'un immeuble résidentiel frappé par un drone russe le 1er septembre, où des pompiers s'affairaient sous le regard des passants. L'image de la capitale, jadis perçue comme relativement épargnée par rapport à l'est du pays, serait en train de se transformer. Kiev, de par sa fonction de centre névralgique du pouvoir et de la logistique, deviendrait une ligne de front à part entière. Cette réalité nouvelle contraindrait les autorités municipales à adapter leurs dispositifs de protection civile, les stations de métro servant de plus en plus fréquemment d'abris de fortune. ### Le quotidien suspendu des habitants Au-delà des considérations stratégiques, ce sont les vies ordinaires qui se trouvent bouleversées. Le journal relate la situation de Mykhaïlo, un jeune bachelier rencontré dans un couloir de métro, assis sur le sol froid. Il devait se rendre à l'université pour finaliser son inscription, dernier jour du délai, et exprimait son espoir que l'alerte se termine rapidement. Ce témoignage, parmi d'autres, illustre la façon dont la menace permanente s'invite dans les actes les plus banals de l'existence : étudier, travailler, se déplacer. Les métros bondés en plein après-midi sont devenus le symbole de cette ville qui refuse de s'arrêter mais qui doit constamment se mettre à l'abri. Cette situation de stress permanent pourrait avoir des répercussions à long terme sur la santé mentale des Ukrainiens, déjà éprouvés par plus de quatre ans de conflit. Les autorités locales, selon des informations rapportées, s'efforceraient de maintenir un semblant de normalité, mais la fréquence des alertes diurnes compliquerait considérablement la tâche. Les écoles, les universités et les entreprises doivent sans cesse revoir leurs protocoles, tandis que les parents s'inquiètent pour la sécurité de leurs enfants. La question de la résilience de la population civile face à cette nouvelle phase du conflit demeure centrale, alors que les capacités de défense du pays sont mises à rude épreuve par la pénurie d'équipements.