Onyx Infos

La Roumanie est obligée de fermer son unique centrale nucléaire, elle n'a plus assez d'eau pour la refroidir car le niveau du Danube est trop bas à cause de la sécheresse

Economie · · Par Julie MOREAU

La Roumanie est obligée de fermer son unique centrale nucléaire, elle n'a plus assez d'eau pour la refroidir car le niveau du Danube est trop bas à cause de la sécheresse

La Roumanie a entamé ce jeudi matin l’arrêt complet de son unique centrale nucléaire, Cernavoda, en raison de la baisse critique du niveau d’eau du Danube, qui

La Roumanie a entamé ce jeudi matin l’arrêt complet de son unique centrale nucléaire, Cernavoda, en raison de la baisse critique du niveau d’eau du Danube, qui ne permet plus d’assurer son refroidissement. Cette décision, inédite depuis la sécheresse de 2003, prive le pays d’une source d’électricité représentant environ un cinquième de sa production totale, selon la compagnie nationale Nuclearelectrica. ### Un arrêt technique lié à des conditions hydrologiques extrêmes Dans un communiqué publié ce jeudi, Nuclearelectrica a indiqué avoir lancé les procédures d’arrêt de l’unité 2 de la centrale de Cernavoda, évoquant « la baisse du niveau de l’eau du Danube », essentielle au circuit de refroidissement des réacteurs. L’arrêt complet était attendu vers 11 heures ou midi, heure locale. Le ministère de l’Énergie avait d’ailleurs anticipé cette mesure dès mercredi, en annonçant une « interruption contrôlée » dans un contexte de « conditions hydrologiques actuelles » défavorables. Cette situation résulte de vagues de chaleur sans précédent et d’un déficit pluviométrique marqué à travers l’Europe cette année, qui ont fait chuter le niveau du fleuve traversant le pays. ### Des mesures de contournement coûteuses et temporaires La centrale, équipée de deux réacteurs nucléaires de 700 MW chacun, avait déjà dû mettre à l’arrêt l’un de ses réacteurs fin juillet. Pour éviter l’arrêt du second, les autorités ont engagé des opérations de dragage et des travaux de dérivation du Danube, dont le coût total est estimé à plus de deux millions d’euros, soit environ 2,3 millions de dollars. Ces interventions ont inclus l’explosion d’un rocher et l’immersion de quatre barges chargées de pierres dans le fleuve, afin d’en détourner le cours vers la centrale. Ces efforts n’ont toutefois permis que de gagner du temps, la baisse du niveau d’eau s’étant avérée trop prononcée pour maintenir les conditions de sécurité nécessaires au fonctionnement des installations. ### Un approvisionnement alternatif assuré, mais une vigilance appelée Face à cette perte de capacité, le ministère de l’Énergie a précisé que des sources d’énergie alternatives, notamment la production éolienne, ainsi que les importations d’électricité, devraient permettre d’assurer l’approvisionnement du pays. Les autorités ont également réitéré un appel à une « consommation responsable » de la part des ménages et des entreprises. Cette situation met en lumière la vulnérabilité croissante des infrastructures énergétiques face aux aléas climatiques, alors que la sécheresse affecte de nombreux pays européens et soulève des questions sur la gestion des ressources en eau à long terme. La centrale de Cernavoda, qui joue un rôle clé dans le mix électrique roumain, devra attendre une remontée du niveau du Danube pour envisager une reprise de son activité, sans calendrier précis à ce stade.