La profession le réclamait depuis longtemps: les infirmières scolaires peuvent désormais cumuler leurs fonctions avec une activité de soins en libéral ou dans un établissement de santé

Les infirmières scolaires, une profession qui réclamait cette évolution depuis des années, peuvent désormais légalement cumuler leur poste au sein de l’Éducatio
Les infirmières scolaires, une profession qui réclamait cette évolution depuis des années, peuvent désormais légalement cumuler leur poste au sein de l’Éducation nationale avec une activité de soins en libéral ou dans un établissement de santé. Cette décision, officialisée dans un courrier de la Direction générale des ressources humaines (DGRH) daté du 17 juillet et consulté mercredi, répond à une revendication de longue date des syndicats, qui voyaient dans ce cumul un levier pour améliorer des rémunérations jugées insuffisantes.
## Un cadre réglementaire précis pour éviter les abus
Le ministère de l’Éducation nationale a fixé des conditions strictes pour encadrer ce nouveau droit. Selon le document adressé aux rectorats, l’exercice d’une activité complémentaire « ne doit pas porter atteinte au bon fonctionnement du service ». Concrètement, l’infirmière scolaire devra être recrutée directement par l’établissement de santé ou le cabinet libéral concerné, et non par l’intermédiaire d’une société d’intérim. Cette clause vise à garantir la transparence des contrats et à éviter tout conflit d’intérêts avec les missions prioritaires au sein des écoles et des établissements scolaires. Le ministère précise que cette autorisation s’applique aussi bien aux activités en libéral qu’à celles dans un établissement public ou privé à but non lucratif, notamment de santé ou médico-social.
## Une revendication ancienne portée par les syndicats
La possibilité de cumuler est réclamée de longue date par les infirmières scolaires et leurs représentants. En 2020, le contexte de l’épidémie de Covid-19 avait déjà ouvert une brèche : les infirmières scolaires avaient été autorisées à renforcer ponctuellement les équipes hospitalières, comme le rappelle Gwenaëlle Durand, secrétaire générale du syndicat Snies-Unsa. Cependant, cette mesure restait temporaire. Le 25 juin dernier, la responsable syndicale a adressé une lettre ouverte au ministre Édouard Geffray pour réclamer une évolution réglementaire pérenne. « Chaque été, j’alerte sur cette question et c’est toujours resté lettre morte. Là, en trois semaines, Édouard Geffray a saisi le comité de déontologie et a obtenu un accord », a-t-elle déclaré, soulignant la rapidité inédite de la réponse ministérielle.
## Des enjeux salariaux au cœur de la demande
Au-delà de la flexibilité professionnelle, la « première revendication est d’améliorer nos salaires », insiste Gwenaëlle Durand. Les infirmières scolaires, souvent rémunérées sur une base indiciaire modeste, voient dans ce cumul une opportunité de compléter leurs revenus tout en restant fidèles au service public. Selon les syndicats, cette mesure pourrait également contribuer à attirer davantage de candidats vers une profession confrontée à des difficultés de recrutement. Le Snies-Unsa estime que la possibilité d’exercer en libéral ou à l’hôpital en dehors des heures scolaires rendra le métier plus attractif, notamment pour les jeunes diplômés.
## Une mise en œuvre sous surveillance
Le ministère de l’Éducation nationale a précisé que le respect des conditions de cumul sera suivi par les rectorats. Les agents devront déclarer leur activité complémentaire et s’assurer qu’elle n’empiète pas sur leurs obligations de service, qui restent prioritaires. Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de réforme de la fonction publique, où le cumul d’activités est progressivement assoupli pour certains corps de métiers. Reste à savoir si cette mesure sera suffisante pour répondre aux attentes salariales et de reconnaissance de la profession, alors que les infirmières scolaires continuent de dénoncer des conditions de travail souvent sous pression, entre charge administrative et suivi médical des élèves.