La préfecture demande "immédiatement" des mesures d'urgence: après la liquidation judiciaire, la sécurité de l'usine Fibre Excellence de Tarascon "n'est plus assurée"

La mise à l’arrêt partielle des installations électriques de l’usine de pâte à papier Fibre Excellence de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, a conduit la préf
La mise à l’arrêt partielle des installations électriques de l’usine de pâte à papier Fibre Excellence de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, a conduit la préfecture à constater que la sécurité du site n’est « plus correctement assurée ». Placée en liquidation judiciaire, l’unité classée « Seveso seuil bas » fait l’objet d’un arrêté préfectoral enjoint au liquidateur de mettre en œuvre « immédiatement » des mesures d’urgence face aux risques d’incendie et de pollution.
## Un arrêt des équipements contre l’avis des salariés
Selon les informations transmises par la préfecture jeudi, l’origine de la dégradation réside dans la décision du liquidateur judiciaire, prise début septembre, de couper certaines installations électriques. Cette mesure, appliquée contre l’avis des anciens salariés de l’usine, a entraîné la mise à l’arrêt partielle du système de défense incendie et de la station d’épuration. Cette dernière avait pour fonction essentielle de recueillir les rejets accidentels de produits chimiques avant tout déversement dans le Rhône.
L’arrêté préfectoral, dont l’AFP a obtenu une copie, précise que cette situation compromet la protection des personnes présentes sur le site et de l’environnement immédiat. Les installations concernées n’assurent plus leur rôle de rétention et de traitement des effluents, ce qui expose le territoire à des conséquences potentiellement graves.
## Un incident révélateur survenu le 1er septembre
Le document officiel met en avant un incident survenu le 1er septembre dernier pour illustrer le niveau de risque actuel. Ce jour-là, 50 mètres cubes de « liqueur noire », un résidu de fabrication du papier, ont été accidentellement déversés dans une zone de rétention du site. Parallèlement, 6 mètres cubes de cette même substance se sont écoulés dans la station d’épuration, désormais inexploitable.
Pour la préfecture, « cet incident démontre qu’un incident de type déversement est susceptible de se produire sur le site ». Cette analyse est reprise dans l’arrêté de cinq pages transmis au liquidateur judiciaire, qui souligne le caractère non isolé de ce type de défaillance.
## Onze tonnes de matières dangereuses toujours sur place
L’inspection des installations a révélé la persistance de quantités importantes de matières premières et de produits chimiques sur le site. Onze tonnes de bois et de substances classées dangereuses, parmi lesquelles du peroxyde d’hydrogène, du propane et du fioul lourd, y sont toujours entreposées. La préfecture estime que « la présence de ces substances, produits et déchets est susceptible, en cas d’incident ou accident, de conduire à des incendies d’ampleur ou à une pollution de l’environnement ».
Face à ce constat, les services de l’État exigent le redémarrage immédiat des équipements de sécurité et de traitement. Le liquidateur judiciaire, dont le nom n’a pas été communiqué, est sommé de se conformer à cette injonction sous peine de voir engagée sa responsabilité en cas de sinistre.
Les anciens salariés de l’usine, qui avaient alerté sur les risques liés à la coupure électrique, voient leurs craintes confirmées par cette décision préfectorale. L’avenir du site de Tarascon, qui employait plusieurs centaines de personnes, reste par ailleurs suspendu à la recherche d’un repreneur dans le cadre de la procédure collective en cours.