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La ministre de la Transition écologique évoquait mi-août une fourchette de 10 à 15 milliards d'euros: l'été caniculaire aurait finalement coûté 16 milliards d'euros selon une mission parlementaire

Economie · · Par Julie MOREAU

La ministre de la Transition écologique évoquait mi-août une fourchette de 10 à 15 milliards d'euros: l'été caniculaire aurait finalement coûté 16 milliards d'euros selon une mission parlementaire

## L'été 2022 aurait coûté 16 milliards d'euros à la France, selon une mission parlementaire Canicules, sécheresse et incendies : la facture de l'été 2022 s'élè

## L'été 2022 aurait coûté 16 milliards d'euros à la France, selon une mission parlementaire Canicules, sécheresse et incendies : la facture de l'été 2022 s'élèverait à environ 16 milliards d'euros pour la France, selon une mission parlementaire présentée lundi par le député LFI Éric Coquerel. Une estimation provisoire qui dépasse la fourchette de 10 à 15 milliards d'euros évoquée mi-août par la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, laquelle parlait alors de "coûts directs et indirects". ## Un chiffrage qui agrège des sources hétérogènes Pour parvenir à ce montant, la mission parlementaire a agrégé des sources officielles — Insee, Trésor, France Assureurs — et des auditions de professionnels. Le député reconnaît toutefois des "réserves méthodologiques" à ce chiffrage, qui additionne des coûts de nature différente, avec un risque de double compte. Cette prudence méthodologique rappelle la difficulté récurrente à mesurer l'impact économique précis d'événements climatiques extrêmes, dont les effets se diffusent sur plusieurs trimestres et plusieurs secteurs. ## Près de 3 milliards d'euros de croissance perdue Le premier poste identifié concerne l'effet sur la croissance, chiffré par l'Insee et le Trésor à environ 0,1 point de PIB, soit près de 3 milliards d'euros. S'y ajoutent, selon la mission, au moins 2,5 milliards d'euros de dépenses publiques imprévues. Cette enveloppe comprend 1,3 milliard d'aides aux agriculteurs, environ 700 millions pour la santé et au moins 300 millions liés aux incendies. Ces dépenses non budgétées pèsent directement sur les finances publiques, dans un contexte où la marge de manœuvre de l'État reste limitée. ## Une facture sanitaire estimée par extrapolation Faute de données consolidées, la mission a évalué la facture sanitaire à partir d'extrapolations. Elle estime à environ 200 millions d'euros le surcoût pour l'Assurance maladie, en s'appuyant sur la canicule de 2003, auxquels s'ajoutent 100 millions pour les hôpitaux et 260 à 520 millions pour les Ehpad et autres établissements médico-sociaux. Ce mode de calcul, s'il permet de donner un ordre de grandeur, illustre l'absence d'outils statistiques dédiés au suivi sanitaire des épisodes caniculaires contemporains. ## Jusqu'à 10 milliards de pertes agricoles Le poste de loin le plus lourd repose sur les estimations des syndicats agricoles, qui chiffrent à environ 10 milliards d'euros les pertes totales du secteur. Pour les ménages, la mission retient au moins 500 millions d'euros de dommages assurés liés aux incendies, selon France Assureurs, et jusqu'à 800 millions de hausse des factures d'électricité, liées à l'usage accru de ventilateurs et surtout de climatiseurs. Ces chiffres devraient alimenter le débat sur l'adaptation du pays au réchauffement climatique et sur le financement des politiques de prévention. La publication de ce rapport intervient alors que le gouvernement prépare son budget et que la question du coût économique du changement climatique s'installe durablement dans le débat public. Si le chiffrage reste provisoire, il confirme que les événements climatiques extrêmes constituent désormais un risque macroéconomique à part entière, dont l'ampleur devrait croître dans les années à venir.