La méthode choc du préfet du 92 pour expulser les dealers et les voyous des HLM

Dans les Hauts-de-Seine, la lutte contre les nuisances liées au trafic de stupéfiants dans le parc social prend un tournant décisif. Le préfet Alexandre Brugère
Dans les Hauts-de-Seine, la lutte contre les nuisances liées au trafic de stupéfiants dans le parc social prend un tournant décisif. Le préfet Alexandre Brugère, s'appuyant sur les dispositions de la loi Narcotrafic du 13 juin 2025, aurait engagé une offensive judiciaire et administrative d'une ampleur inédite contre les locataires perturbateurs. Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, sur 24 autorisations judiciaires d'expulsion délivrées dans le département, 18 auraient déjà été exécutées, marquant une accélération significative de la politique régalienne de l'État dans ce domaine.
## Un dispositif légal renforcé au service des préfets
La loi dite Narcotrafic, promulguée le 13 juin 2025, constitue l'arme principale de cette stratégie. Ce texte aurait conféré aux représentants de l'État des prérogatives élargies, leur permettant notamment de se substituer aux bailleurs sociaux lorsque la situation l'exige. D'après les éléments rapportés par la publication, Alexandre Brugère, ancien directeur de cabinet de Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur, exploiterait pleinement ces nouveaux pouvoirs. Le dispositif autoriserait également le préfet à prononcer, à l'instar d'un juge, des interdictions de paraître à l'encontre des guetteurs, des acheteurs et des petites mains alimentant les points de deal, et ce, sans attendre l'issue de procédures pénales souvent longues.
## Des expulsions concentrées dans les zones sensibles
Les villes concernées par ces mesures d'expulsion seraient au nombre de neuf : Rueil-Malmaison, Gennevilliers, Meudon, Issy-les-Moulineaux, Saint-Cloud, Asnières-sur-Seine, Antony, Montrouge et Courbevoie. Cette répartition géographique témoignerait d'une action ciblée sur les communes où la pression du trafic de stupéfiants s'avère la plus forte. Selon les données disponibles, le taux d'exécution des autorisations judiciaires atteindrait 75 %, un chiffre qui pourrait refléter une coordination renforcée entre les services de l'État, les bailleurs sociaux et les forces de l'ordre. Cette dynamique s'inscrirait dans une volonté plus large de restaurer l'autorité publique dans les quartiers d'habitat social, où les riverains subissent quotidiennement les conséquences du narcotrafic.
## Une décision judiciaire emblématique à Rueil-Malmaison
La condamnation récente du couple G. à Rueil-Malmaison illustrerait parfaitement cette nouvelle approche. Selon les informations rapportées par *Le Figaro*, cette affaire constituerait un précédent significatif dans l'application de la loi Narcotrafic. Le tribunal de Nanterre aurait rendu une décision saluée par le préfet, qui y voit une validation de sa méthode. Cette jurisprudence pourrait ouvrir la voie à une généralisation de ces pratiques dans d'autres départements confrontés aux mêmes difficultés. Par ailleurs, cette action s'inscrirait dans la continuité de l'engagement d'Alexandre Brugère, déjà connu pour son combat contre l'islamisme radical dans son département.
## Des implications pour la gestion du parc social
Cette politique d'expulsion soulève toutefois des questions quant à ses conséquences sociales. Si elle répond à une demande légitime de sécurité de la part des habitants, elle pourrait également engendrer des situations de précarité pour les personnes expulsées, notamment celles qui ne sont pas directement impliquées dans les activités illicites. Les bailleurs sociaux, qui disposent désormais d'un allié institutionnel de poids, devraient toutefois veiller à ce que ces mesures soient appliquées avec discernement. La question du relogement des familles concernées et de l'accompagnement social demeurerait un enjeu central pour éviter que ces expulsions ne déplacent simplement le problème vers d'autres territoires.