La Guinée officiellement candidate à l’organisation de la CAN 2032 ou 2036

La Guinée a officiellement déposé son dossier de candidature pour l’organisation d’une prochaine Coupe d’Afrique des nations (CAN), visant les éditions 2032 ou
La Guinée a officiellement déposé son dossier de candidature pour l’organisation d’une prochaine Coupe d’Afrique des nations (CAN), visant les éditions 2032 ou 2036. L’annonce, faite vendredi 21 août 2026, concrétise une ambition portée depuis plusieurs mois par les autorités de Conakry, dans un contexte où le pays doit encore consentir d’importants efforts en matière d’infrastructures sportives et d’accueil.
## Une officialisation attendue après des semaines de spéculations
Selon des informations rapportées par RFI, c’est par le biais de ses réseaux sociaux que le Premier ministre Bah Oury avait initialement évoqué l’intention de la Guinée de se porter candidate. Cette déclaration préalable, faite sans calendrier précis, avait suscité des interrogations quant à la faisabilité d’un tel projet, compte tenu des défis logistiques et structurels auxquels le pays est confronté. Le dépôt officiel du dossier, intervenu vendredi 21 août 2026, met désormais un terme aux incertitudes procédurales et engage la Guinée dans une compétition internationale où plusieurs nations africaines devraient également postuler.
Le choix de viser les éditions 2032 ou 2036, plutôt qu’un horizon plus proche, témoignerait d’une stratégie de long terme de la part des autorités guinéennes. Cette approche permettrait en effet d’étaler les investissements nécessaires sur une période plus longue, tout en laissant le temps de mener à bien les chantiers de rénovation et de construction d’équipements sportifs. Toutefois, selon des sources proches du dossier, aucune garantie n’existe quant à l’obtention de l’une ou l’autre de ces éditions, la décision finale relevant de la Confédération africaine de football (CAF).
## Des infrastructures sportives au cœur des préoccupations
Le principal défi pour la Guinée résiderait dans l’état actuel de ses infrastructures sportives. D’après les éléments rendus publics par la présidence guinéenne, plusieurs stades du pays nécessiteraient des travaux de mise aux normes significatifs, tandis que d’autres équipements devraient être construits de toutes pièces pour répondre aux exigences de la CAF. Le Stade du 28 Septembre à Conakry, principal enceinte sportive du pays, figure parmi les installations qui pourraient faire l’objet d’une rénovation majeure, bien que son ancienneté et sa capacité d’accueil posent question.
Par ailleurs, l’organisation d’une CAN implique également des investissements dans les secteurs connexes que sont l’hébergement, les transports et la sécurité. Selon un rapport technique consulté par la rédaction, la Guinée devrait mobiliser des ressources financières considérables pour accueillir les délégations, le corps arbitral et les supporters étrangers dans des conditions conformes aux standards internationaux. Le pays pourrait toutefois s’appuyer sur l’expérience acquise lors de l’organisation de compétitions régionales, notamment la Coupe UFOA, qui avait permis de tester certains dispositifs logistiques.
## Un précédent guinéen : le retrait de la CAN 2023
La candidature guinéenne s’inscrit dans un contexte marqué par un précédent qui pourrait peser dans l’appréciation de la CAF. En effet, la Guinée avait initialement obtenu l’organisation de la CAN 2023, avant de s’en voir retirer l’attribution en raison de retards accumulés dans la préparation des infrastructures. Selon des informations concordantes rapportées par plusieurs médias internationaux, ce désistement forcé avait constitué un revers important pour le pays, qui espérait alors capitaliser sur cet événement pour moderniser son parc sportif.
Ce précédent pourrait inciter la CAF à examiner avec une vigilance particulière le dossier guinéen, d’autant plus que l’instance continentale a renforcé ses critères d’évaluation depuis lors. Toutefois, les autorités de Conakry semblent déterminées à démontrer leur capacité à mener à bien un tel projet, en mettant en avant les réformes engagées dans la gouvernance du sport national et les partenariats envisagés avec des opérateurs privés pour le financement des chantiers.
## Une candidature qui s’inscrit dans une dynamique continentale
La décision guinéenne intervient alors que plusieurs autres pays africains ont également manifesté leur intérêt pour l’organisation des prochaines éditions de la CAN. Cette concurrence accrue pourrait compliquer la tâche de la Guinée, qui devra convaincre la CAF de la solidité de son projet face à des dossiers potentiellement mieux aboutis sur le plan infrastructurel. Le calendrier de la CAF prévoit que les attributions pour les éditions 2032 et 2036 soient annoncées dans les prochaines années, laissant aux différents candidats le temps de peaufiner leurs propositions.
Pour la Guinée, l’enjeu dépasse le simple cadre sportif. L’organisation d’une CAN représenterait en effet une vitrine internationale pour un pays qui cherche à renforcer son attractivité économique et à consolider sa stabilité politique. Selon des analystes, un tel événement pourrait également contribuer à dynamiser le secteur touristique et à créer des emplois directs et indirects, même si ces retombées demeurent conditionnées à la réussite du projet dans son ensemble. La décision de la CAF, attendue avec impatience à Conakry, sera scrutée comme un indicateur de la crédibilité retrouvée de la Guinée sur la scène sportive continentale.