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La guerre au Moyen-Orient dope les centrales à charbon en Asie mais les énergies renouvelables vont quand même devenir la première source mondiale d’électricité cette année

Economie · · Par Julie MOREAU

La guerre au Moyen-Orient dope les centrales à charbon en Asie mais les énergies renouvelables vont quand même devenir la première source mondiale d’électricité cette année

# La guerre au Moyen-Orient relance le charbon en Asie, mais les énergies renouvelables s'apprêtent à devenir la première source mondiale d'électricité Le confl

# La guerre au Moyen-Orient relance le charbon en Asie, mais les énergies renouvelables s'apprêtent à devenir la première source mondiale d'électricité Le conflit entre les États-Unis et l'Iran, qui perturbe depuis mars 2026 le détroit d'Ormuz, provoque un paradoxe énergétique mondial. D'un côté, le blocage de ce passage stratégique, par lequel transite 20% du gaz naturel liquéfié (GNL), pousse certains pays asiatiques à relancer leurs centrales à charbon, le mode de production le plus polluant. De l'autre, la crise accélère l'essor des énergies renouvelables, qui devraient devenir dès 2026 la première source mondiale d'électricité, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE). ## Le détroit d'Ormuz bouleverse les approvisionnements Le conflit américano-iranien a entraîné un blocage régulier du détroit d'Ormuz depuis mars 2026, perturbant l'acheminement de 20% du GNL mondial. Cette situation a poussé plusieurs économies asiatiques, fortement dépendantes des importations de gaz, à se tourner vers le charbon pour assurer leur production électrique. Selon l'AIE, dans un rapport sur les marchés de l'électricité, "la production mondiale d'électricité à partir du charbon devrait augmenter de 1,4% en 2026, après être restée globalement stable en 2025". Ce regain du charbon s'explique également par la flambée des prix de l'énergie, qui ont bondi de 30% par rapport au premier semestre 2025, atteignant "leurs plus hauts niveaux depuis la crise énergétique de 2022 et 2023", alors provoquée par la guerre en Ukraine. ## Des émissions de CO2 en hausse, mais contrastées Cette augmentation du recours au charbon a des conséquences directes sur l'environnement. Les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) issues de la production d'électricité devraient croître de 1% en 2026, avec de fortes disparités régionales. L'Asie du Sud-Est, particulièrement exposée aux perturbations d'approvisionnement, devrait voir ses émissions augmenter de 6%. En revanche, l'Union européenne, qui a diversifié ses sources d'énergie et renforcé ses capacités renouvelables, devrait enregistrer une baisse de 5% de ses émissions. Ces chiffres illustrent la fragmentation des stratégies énergétiques face à la crise géopolitique. ## Les renouvelables s'imposent comme première source mondiale Malgré ce retour temporaire au charbon, la tendance de fond reste favorable aux énergies vertes. L'AIE estime que les énergies renouvelables sont "en passe de devenir la première source mondiale d'électricité" en 2026, une première historique. La crise actuelle, en rendant les hydrocarbures plus chers et moins fiables, accélère en réalité les investissements dans le solaire, l'éolien et l'hydraulique. Les rejets de CO2 devraient ainsi se stabiliser dès 2027, grâce à la progression rapide de ces filières. Ce basculement marque un tournant : alors que le charbon semblait profiter des tensions géopolitiques, ce sont finalement les renouvelables qui tirent leur épingle du jeu, portées par la nécessité de sécuriser des approvisionnements indépendants des conflits. ## Une transition énergétique accélérée par la crise Le paradoxe est donc saisissant : la guerre au Moyen-Orient, en perturbant les marchés du gaz, a provoqué un sursaut du charbon à court terme, mais elle a simultanément renforcé la compétitivité des énergies renouvelables. Pour les pays asiatiques les plus touchés, cette crise pourrait servir d'électrochoc, les incitant à accélérer leur transition énergétique pour réduire leur dépendance aux importations fossiles. L'AIE prévoit que la production d'électricité d'origine renouvelable dépassera celle du charbon d'ici la fin de l'année, un cap symbolique qui confirme que, malgré les soubresauts géopolitiques, la dynamique de long terme reste favorable à un mix énergétique plus propre.