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La Grèce pourra bien continuer de transporter du gaz russe: les Vingt-Sept s'accordent sur un 21e paquet de sanctions contre la Russie (Athènes a eu gain de cause)

Economie · · Par Julie MOREAU

La Grèce pourra bien continuer de transporter du gaz russe: les Vingt-Sept s'accordent sur un 21e paquet de sanctions contre la Russie (Athènes a eu gain de cause)

# La Grèce obtient une dérogation pour continuer à transporter du gaz russe : les Vingt-Sept valident un 21e paquet de sanctions Les pays de l'Union européenne

# La Grèce obtient une dérogation pour continuer à transporter du gaz russe : les Vingt-Sept valident un 21e paquet de sanctions Les pays de l'Union européenne sont parvenus à un accord jeudi matin à Bruxelles sur un 21e train de sanctions contre la Russie, après plusieurs semaines de négociations tendues. Ce nouveau paquet, qui vise notamment à prolonger le plafonnement du prix du pétrole russe à 44 dollars le baril, a dû être allégé pour lever les réticences d'Athènes concernant le transport de gaz naturel liquéfié (GNL). La Grèce a obtenu gain de cause : ses entreprises pourront continuer à acheminer du GNL russe vers des clients situés en dehors de l'Europe, sous certaines conditions. ## Un compromis sur le GNL russe pour préserver les intérêts grecs Athènes plaidait depuis plusieurs semaines pour que l'Union européenne autorise ses entreprises à poursuivre le transport de GNL russe, tant que la cargaison est destinée à des clients situés en dehors du marché européen. La proposition initiale de Bruxelles, plus restrictive, s'était heurtée à l'opposition ferme de la Grèce, qui estimait que ces mesures mettraient en péril l'activité de Dynagas, un armateur grec spécialisé dans le transport de GNL depuis l'usine arctique de Yamal, dans le nord de la Sibérie. Cette entreprise, contrôlée par le milliardaire grec George Prokopiou, exploite 27 méthaniers, dont un tiers de la flotte mondiale de navires Arc7, des bâtiments spécialement conçus pour naviguer dans les glaces de l'Arctique. Un compromis a finalement été trouvé : les transferts de GNL vers les pays tiers seront autorisés par dérogation pour les contrats conclus avant le 24 février 2022, date du début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Les États membres réexamineront cette dérogation chaque année, ce qui offre une visibilité temporaire aux opérateurs grecs tout en maintenant une pression sur Moscou. ## Le plafonnement du prix du pétrole prolongé pour limiter les revenus russes Ce 21e paquet de sanctions prévoit également la prolongation pour un an du dispositif de plafonnement du prix du pétrole exporté par la Russie, fixé à 44 dollars le baril. Ce mécanisme, mis en place par les pays du G7 et l'Union européenne, vise à limiter les revenus pétroliers de la Russie, qui financent une grande partie de sa guerre contre l'Ukraine. En contraignant les acheteurs à ne pas payer plus que ce plafond s'ils veulent bénéficier des services d'assurance et de transport occidentaux, les Vingt-Sept espèrent réduire la capacité de Moscou à financer son effort militaire. ## La "flotte fantôme" russe de nouveau dans le viseur Au-delà du GNL et du pétrole, ce nouveau train de sanctions cible également la "flotte fantôme" de navires utilisés par la Russie pour contourner les restrictions existantes. Ces bâtiments, souvent vieillissants et non assurés, permettent à Moscou d'exporter son pétrole et son gaz malgré les plafonds de prix. Les diplomates européens précisent que les mesures visent à renforcer les contrôles et à empêcher ces navires d'accéder aux ports et aux services maritimes européens. Ce volet du paquet, bien que moins médiatisé, pourrait avoir un impact significatif sur la capacité de la Russie à maintenir ses flux d'exportation énergétique. ## Des négociations sous haute tension L'obtention de l'unanimité, nécessaire pour l'adoption des sanctions européennes, a nécessité des concessions importantes. La Grèce, qui refusait initialement de soutenir les mesures visant les exportations de GNL russe, a obtenu une dérogation qui préserve les intérêts de Dynagas et de ses 27 méthaniers. Sans cette flexibilité, l'ensemble du paquet risquait d'être bloqué, soulignant la difficulté pour l'Union européenne de concilier ses objectifs géopolitiques avec les intérêts économiques de ses États membres. Ce compromis, bien que salué par les diplomates, pourrait être perçu comme une brèche dans la stratégie de pression maximale sur Moscou. ## Un équilibre fragile entre fermeté et pragmatisme Ce 21e paquet de sanctions illustre la complexité des négociations européennes face à la guerre en Ukraine. Si la prolongation du plafonnement du prix du pétrole et les mesures contre la "flotte fantôme" témoignent d'une volonté de maintenir la pression sur la Russie, la dérogation accordée à la Grèce pour le transport de GNL rappelle que les intérêts nationaux restent un facteur déterminant. Les Vingt-Sept devront désormais surveiller l'application de ces sanctions et s'assurer que les dérogations ne créent pas de contournements massifs. À l'approche de l'hiver, l'équilibre entre sanctionner Moscou et sécuriser l'approvisionnement énergétique européen reste plus que jamais un exercice d'équilibriste.