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"La Gironde, c'est grand": malgré les incendies, les professionnels du tourisme veulent que les vacanciers continuent à venir

Economie · · Par Julie MOREAU

Incendies en Gironde : les professionnels du tourisme tentent de sauver la saison face aux appels à l’évacuation Alors que la Gironde est en proie à des incendi

Incendies en Gironde : les professionnels du tourisme tentent de sauver la saison face aux appels à l’évacuation

Alors que la Gironde est en proie à des incendies dévastateurs depuis plusieurs jours, les professionnels du tourisme du département tentent de contrebalancer les appels à l’évacuation lancés par les autorités. « La Gironde, c’est grand, très grand », martèlent-ils, espérant convaincre les vacanciers que les zones touristiques éloignées des foyers d’incendie restent accessibles et sûres. Cependant, les évacuations massives et les annulations de réservations menacent de compromettre une saison estivale déjà fragilisée.

Un appel à la prudence qui suscite des inquiétudes économiques

Dimanche, la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, a lancé une mise en garde sans précédent : « J’incite les touristes à ne pas venir, ne pas rejoindre la Gironde », a-t-elle déclaré, invitant également « les touristes présents à envisager une autre destination ». Cette déclaration, motivée par la nécessité de libérer les axes routiers pour les pompiers et les autorités, a provoqué une onde de choc dans le secteur touristique. Selon les chiffres officiels, quelque 220.000 personnes, dont de nombreux vacanciers, ont déjà été évacuées ces derniers jours de plusieurs localités girondines, en particulier des stations balnéaires très prisées comme Lège-Cap-Ferret.

Patrick Seguin, président de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Gironde, a qualifié la situation de « coup de massue sur une grande partie du département essentiellement touristique ». Il estime que « le tourisme est totalement arrêté, c’est fini pour la saison ». Une analyse partagée par de nombreux acteurs locaux, qui redoutent des pertes économiques massives.

« La Gironde, c’est grand » : un message de nuance

Face à ce constat alarmiste, d’autres voix s’élèvent pour appeler à la nuance. Franck Chaumès, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) de Gironde, rappelle à l’AFP que « la Gironde c’est grand, très grand ». Selon lui, les incendies ne touchent qu’une partie du département, et de nombreuses zones touristiques, situées à plus de 80 kilomètres des foyers, restent épargnées. « Ça part d’un bon sentiment », concède-t-il à propos de la déclaration de la préfète, mais « on espère que cela soit rectifié » pour « essayer de sauver le mois d’août ».

Ce message de réassurance est crucial pour les professionnels du tourisme, qui voient les annulations se multiplier. Claire Bigat, une habitante de Lille qui avait programmé deux semaines de vacances à Andernos, entre Biscarrosse et Lège-Cap-Ferret, a déjà décidé d’annuler son séjour. « Vu les circonstances, je ne souhaite pas y aller. L’accès semble incertain, on a vu les consignes des autorités et on ne veut pas encombrer les routes. De toute façon, notre fils est asthmatique, on ne peut pas être dans les fumées », explique-t-elle, illustrant les craintes sanitaires et logistiques des vacanciers.

Un équilibre fragile entre sécurité et économie

Le dilemme est donc total pour les autorités et les professionnels : comment concilier la nécessité de protéger les populations et de faciliter le travail des pompiers avec la survie économique d’un département dont le tourisme est le moteur principal ? Les incendies, qui ont déjà ravagé des milliers d’hectares de forêt, ont provoqué des évacuations massives dans des zones comme la presqu’île du Cap Ferret, où les pertes sont estimées à 100 % pour la saison.

Pourtant, les professionnels insistent sur le fait que des destinations comme Bordeaux, Saint-Émilion ou le bassin d’Arcachon, dans ses parties non sinistrées, restent accessibles et attractives. « On est à plus de 80 kilomètres des incendies », rappellent-ils, soulignant que les feux sont localisés et que le département, vaste, offre de nombreuses alternatives.

Conclusion : une saison à sauver malgré tout

Alors que les flammes continuent de progresser et que les évacuations se multiplient, l’avenir de la saison touristique en Gironde reste incertain. Les professionnels du secteur misent sur un message de nuance et de réassurance pour limiter les annulations, tandis que les autorités tentent de gérer une crise sanitaire et environnementale sans précédent. Si la préfète a appelé à la prudence, les acteurs économiques espèrent que le mois d’août pourra être sauvé, à condition que les touristes comprennent que la Gironde, c’est grand, et que tous ses trésors ne sont pas menacés par les flammes.