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La Garonne est trop chaude: EDF arrête à nouveau un réacteur de la centrale nucléaire de Golfech à cause de la canicule

Economie · · Par Julie MOREAU

La Garonne est trop chaude: EDF arrête à nouveau un réacteur de la centrale nucléaire de Golfech à cause de la canicule

### La Garonne trop chaude : EDF contraint d’arrêter un réacteur de la centrale nucléaire de Golfech EDF a annoncé, jeudi, l’arrêt du réacteur n°2 de la central

### La Garonne trop chaude : EDF contraint d’arrêter un réacteur de la centrale nucléaire de Golfech EDF a annoncé, jeudi, l’arrêt du réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Golfech, située à 90 km de Toulouse, en raison de la montée des températures de la Garonne, qui devrait atteindre 28°C ce vendredi. Cette décision, conforme à un arrêté environnemental de 2006, intervient alors que la canicule frappe la région et que le premier réacteur est déjà à l’arrêt pour maintenance depuis mai. Il s’agit du deuxième épisode de ce type en moins d’un mois pour cette installation, après un premier arrêt le 23 juin dernier. ### Un cadre réglementaire strict pour protéger le fleuve L’arrêt du réacteur n°2 de Golfech est dicté par un arrêté datant de 2006, qui fixe une limite stricte : la température de la Garonne, après les rejets d’eau de refroidissement de la centrale, ne doit pas dépasser les 28°C. Or, selon le communiqué d’EDF, les conditions climatiques des derniers jours ont entraîné une hausse rapide de la température du fleuve. L’eau rejetée par la centrale est en moyenne plus chaude de 0,2°C, ce qui, cumulé à la canicule, aurait pu franchir le seuil réglementaire. Ce dispositif vise à limiter l’impact thermique sur l’écosystème aquatique, déjà fragilisé par les épisodes de sécheresse et de chaleur extrême. La centrale de Golfech, qui comprend deux réacteurs à eau pressurisée de 1,3 GW chacun, se trouve entre Toulouse et Agen, dans le Tarn-et-Garonne, et puise l’eau de la Garonne pour refroidir ses installations. ### Un double arrêt qui réduit la production électrique Avec l’arrêt du réacteur n°2, la centrale de Golfech voit sa production totalement suspendue pour une durée indéterminée. Le réacteur n°1 est en effet inactif depuis mai pour des opérations de maintenance et de remplacement du combustible. Cette situation, bien que ponctuelle, soulève des questions sur la capacité du parc nucléaire français à maintenir un niveau de production suffisant lors des vagues de chaleur, qui deviennent plus fréquentes et plus intenses. Le 23 juin dernier, EDF avait déjà dû stopper le réacteur n°2 pour les mêmes raisons environnementales, illustrant une contrainte récurrente. Pour l’instant, le gestionnaire du réseau, Enedis, n’a pas signalé de risque de coupure, mais ces arrêts réduisent la marge de manœuvre du système électrique en période de forte demande, notamment pour la climatisation. ### Le réseau électrique sous pression face aux canicules Au-delà des réacteurs nucléaires, la chaleur extrême met également à l’épreuve les infrastructures électriques. Enedis a souligné que certains câbles, posés entre 1965 et 1981, sont particulièrement vulnérables aux températures élevées, ce qui peut entraîner des dilatations et des défaillances. Malgré ces tensions, les experts du secteur estiment que le système électrique français est capable de résister aux canicules actuelles. Ils insistent néanmoins sur la nécessité d’investissements massifs, de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards d’euros, pour renforcer le réseau et le rendre plus résilient face à des épisodes climatiques encore plus sévères à l’avenir. Ces investissements concernent aussi bien le transport d’électricité que la production, avec un besoin accru de flexibilité pour compenser les arrêts temporaires de centrales comme Golfech. ### Conclusion : un signal d’alarme pour la transition énergétique L’arrêt du réacteur de Golfech illustre les défis concrets posés par le réchauffement climatique sur la production d’électricité. Alors que la France mise sur le nucléaire pour décarboner son mix énergétique, ces épisodes de canicule rappellent que la dépendance à l’eau pour le refroidissement est une vulnérabilité croissante. À l’avenir, le maintien de la sécurité d’approvisionnement nécessitera des adaptations techniques, des investissements dans le réseau, et peut-être une révision des seuils réglementaires, tout en conciliant impératifs écologiques et besoins énergétiques.