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La France ne voulait "en aucun cas" y toucher et finalement... Macron et Merz seraient d'accord pour continuer à vendre plus de voitures thermiques après 2035

Economie · · Par Julie MOREAU

La France ne voulait

## La France et l'Allemagne envisagent d'assouplir encore la fin du thermique en 2035 Selon les informations du quotidien allemand Handelsblatt, publiées ce mer

## La France et l'Allemagne envisagent d'assouplir encore la fin du thermique en 2035 Selon les informations du quotidien allemand Handelsblatt, publiées ce mercredi, Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz se seraient entendus sur une position commune visant à assouplir davantage les objectifs de CO2 imposés aux voitures neuves à partir de 2035. Cette information, relayée par BFM Business et attribuée à trois sources proches des discussions, marquerait un revirement notable pour Paris, qui affirmait encore récemment ne vouloir "en aucun cas" toucher à cette échéance. ## Un effort de réduction abaissé de dix points supplémentaires À l'origine, la réglementation européenne prévoyait qu'à compter de 2035, les émissions moyennes de CO2 des voitures neuves devaient baisser de 100 % par rapport aux niveaux de 2021. En pratique, cet objectif de zéro gramme de CO2 à l'échappement devait sonner le glas des ventes de véhicules neufs essence ou diesel. Bruxelles avait déjà proposé une première concession de dix points de souplesse, à condition qu'elle soit compensée par le recours à l'acier bas carbone, aux e-carburants ou aux biocarburants. Selon le Handelsblatt, Paris et Berlin souhaiteraient aller plus loin en abaissant l'effort de réduction de dix points supplémentaires. Surtout, ces nouveaux points de flexibilité n'auraient pas à être compensés par les mécanismes précités. Avec l'ensemble des dispositifs déjà prévus, l'effort demandé aux constructeurs pourrait ainsi être ramené à au moins 80 % par rapport à 2021, ce qui laisserait une place nettement plus importante aux voitures thermiques et hybrides dans les concessions européennes après 2035. ## Un échange de bons procédés entre Paris et Berlin Cette concession française ne serait pas consentie sans contrepartie. Toujours selon le quotidien allemand, Berlin soutiendrait en échange des règles "Made in Europe" plus strictes, destinées à protéger les constructeurs européens face à la concurrence chinoise. Ce mécanisme viserait à garantir que les véhicules commercialisés sur le marché européen intègrent une part minimale de production locale, une revendication portée de longue date par l'industrie automobile du Vieux Continent. L'accord entre les deux dirigeants, s'il se confirme, constituerait un signal fort en amont des prochaines discussions européennes sur le sujet. Il illustre la volonté de Paris et Berlin de peser conjointement sur les arbitrages bruxellois, alors que le secteur automobile traverse une période de transition coûteuse et de concurrence accrue. ## Un enjeu industriel et politique majeur La question de la fin du thermique cristallise les tensions entre ambitions climatiques et défense de l'emploi industriel. Les constructeurs européens, confrontés à des investissements massifs dans l'électrification, plaident depuis plusieurs mois pour un assouplissement du calendrier. Les équipementiers et les sous-traitants, particulièrement nombreux en France et en Allemagne, redoutent quant à eux une transition trop brutale. Reste à savoir si cette position commune franco-allemande sera reprise par la Commission européenne et les autres États membres. Plusieurs pays, notamment ceux disposant d'une industrie automobile limitée, pourraient s'y opposer au nom des objectifs climatiques de l'Union. L'issue des négociations déterminera le paysage du marché automobile européen pour la décennie à venir.