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La France pèse encore 41% de son chiffre d'affaires: qui achète encore les granules d'homéopathie de Boiron, qui ne sont plus remboursés par la Sécu depuis 2021?

Economie · · Par Julie MOREAU

La France pèse encore 41% de son chiffre d'affaires: qui achète encore les granules d'homéopathie de Boiron, qui ne sont plus remboursés par la Sécu depuis 2021?

Cinq ans après le déremboursement de l'homéopathie par l'Assurance maladie, la France continue de représenter une part significative du chiffre d'affaires de Bo

Cinq ans après le déremboursement de l'homéopathie par l'Assurance maladie, la France continue de représenter une part significative du chiffre d'affaires de Boiron, avec 41% de ses revenus globaux. Selon les données rapportées par BFM Business, ce laboratoire lyonnais, bien que confronté à une baisse de 14% de ses ventes entre 2022 et 2023, a réussi à limiter cette tendance avec un recul léger de seulement 0,2% en 2025 par rapport à 2024, atteignant un chiffre d'affaires de 207,4 millions d'euros. L'homéopathie, bien que toujours présente dans les pharmacies françaises, suscite un débat constant sur son efficacité. Pourtant, de nombreux patients continuent à acheter des granules d'homéopathie, même si ces produits ne sont plus remboursés par la sécurité sociale depuis 2021. Cette situation soulève des questions sur les raisons qui poussent encore une partie de la population à investir dans ces traitements alternatifs. Pour expliquer cette stabilisation du chiffre d'affaires, Pascal Houdayer, le PDG de Boiron, a évoqué la nécessité d'adopter de nouvelles stratégies. Le groupe a ainsi orienté son développement vers l'international, en particulier en Amérique du Nord, où les ventes ont progressé de 14,4% en 2025. En outre, Boiron cherche à s'implanter en Asie, un marché qui s'avère très concurrentiel dans le secteur des compléments alimentaires, particulièrement en vogue ces dernières années. En France, certaines spécialités homéopathiques, bien qu'elles ne soient pas remboursées, continuent de rencontrer un succès notable. Des produits comme la Camilia, destinée à soulager les troubles liés à la dentition des nourrissons, et l'oscillococcinum, souvent utilisé pendant les périodes hivernales pour lutter contre les symptômes grippaux, contribuent à cette dynamique. Les ventes de ces spécialités ont enregistré une hausse de 4,2% en 2025. En parallèle, d'autres produits de santé proposés par Boiron, tels que les compléments alimentaires de la gamme "Oscillo", qui visent à renforcer les défenses immunitaires, bénéficient également d'un intérêt croissant. Ce phénomène soulève la question de l'attachement des consommateurs à l'homéopathie, malgré l'absence de remboursement. Les patients, qui sont souvent des habitués de ces produits, semblent privilégier une approche préventive et complémentaire de leur santé. Les motivations derrière leur choix sont variées : recherche de solutions naturelles, méfiance vis-à-vis de la médecine conventionnelle ou encore la perception d'une efficacité personnelle. Il est intéressant de noter que, malgré la controverse entourant l'homéopathie, Boiron a réussi à maintenir sa position sur le marché en adaptant son offre et en diversifiant ses activités. Cela démontre une capacité d'adaptation face aux évolutions réglementaires et aux fluctuations de la demande. La question demeure de savoir si cette tendance se poursuivra dans les années à venir ou si les changements dans la perception des consommateurs affecteront finalement le chiffre d'affaires du laboratoire. En conclusion, bien que le déremboursement des granules d'homéopathie ait eu un impact sur le marché, Boiron continue de bénéficier d'une clientèle fidèle en France. Les stratégies d'internationalisation et d'innovation produits semblent porter leurs fruits, mais la pérennité de cette dynamique dépendra de l'évolution des mentalités et des pratiques de santé des consommateurs. Les chiffres actuels montrent que l'homéopathie, loin de disparaître, reste ancrée dans le paysage pharmaceutique français, soutenue par une clientèle qui, pour l'heure, semble prête à payer de sa poche pour des solutions perçues comme bénéfiques.