«La France n’est pas prête au climat d’aujourd’hui et encore moins à celui de demain» : l’alerte de 26 scientifiques

«La France n’est pas prête au climat d’aujourd’hui et encore moins à celui de demain» : l’alerte de 26 scientifiques Alors que la France subit une canicule exce
«La France n’est pas prête au climat d’aujourd’hui et encore moins à celui de demain» : l’alerte de 26 scientifiques
Alors que la France subit une canicule exceptionnelle en juin 2026, vingt-six scientifiques du climat ont adressé une tribune collective au Figaro pour répondre aux déclarations du président de la République. Selon ces chercheurs, les propos d’Emmanuel Macron, tenus le 25 juin, témoignent d’une méconnaissance des projections climatiques et d’une incapacité à anticiper des phénomènes pourtant annoncés depuis des années.
Une canicule « exceptionnelle mais attendue »
Dans leur texte, publié le 29 juin 2026, les scientifiques rappellent que l’épisode de chaleur intense que traverse le pays n’a rien d’une surprise. « Même sans en connaître la semaine exacte, nous savions et avions largement communiqué qu’une canicule de cette ampleur adviendrait, si ce n’était cet été, alors le prochain, ou le suivant », écrivent-ils. Cette précision vise directement la position présidentielle exprimée lors d’une rencontre avec la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni. Emmanuel Macron avait alors affirmé que « nous nous sommes adaptés au réchauffement climatique, mais on ne s’adapte pas à un pic qui n’a pas d’équivalent aujourd’hui en Europe et qui n’a jamais eu d’équivalent dans notre histoire ». Une assertion que les signataires jugent trompeuse, car elle suggère que l’adaptation ne serait possible qu’à des événements déjà vécus, ce qui contredit la logique même du changement climatique.
Des records prévisibles, et pourtant ignorés
Les vingt-six chercheurs soulignent que les modèles climatiques utilisés depuis plusieurs décennies prévoyaient l’occurrence de tels extrêmes thermiques. Selon eux, la France n’est pas préparée « au climat d’aujourd’hui et encore moins à celui de demain ». Cette mise en garde intervient alors que des images de Parisiens nageant dans le canal Saint-Martin le 26 juin illustrent une tentative de rafraîchissement urbain face à des températures records. Les scientifiques pointent un décalage entre les discours officiels et la réalité des alertes scientifiques : « Non seulement ces records étaient prévisibles, mais ils seront battus dans les années à venir », affirment-ils. Une perspective qui interroge sur la capacité des pouvoirs publics à anticiper des vagues de chaleur toujours plus intenses et fréquentes.
Une réponse politique en débat
La tribune intervient dans un contexte où la question de l’adaptation au changement climatique devient un enjeu central du débat public. En affirmant que l’on ne peut s’adapter à un événement sans précédent, Emmanuel Macron semble écarter la possibilité de mesures structurelles face à des phénomènes inédits. Les scientifiques, au contraire, estiment que l’inaction face à des prévisions pourtant connues constitue un risque majeur pour la population et les infrastructures. Ils appellent à une prise de conscience collective et à des politiques d’adaptation ambitieuses, fondées sur les données scientifiques existantes. Leur alerte, relayée par Le Figaro, pourrait relancer les discussions sur la stratégie nationale d’adaptation au changement climatique, alors que la France connaît l’un des étés les plus chauds de son histoire.