La FNSEA demande au gouvernement que l'aide aux agriculteurs pour l'achat de GNR passe de 15 à 30 centimes d'euros par litre, invoquant l'envolée des prix des carburants

La FNSEA monte au créneau. Le premier syndicat agricole français a officiellement demandé au gouvernement de doubler son aide à l'achat de gazole non routier (G
La FNSEA monte au créneau. Le premier syndicat agricole français a officiellement demandé au gouvernement de doubler son aide à l'achat de gazole non routier (GNR), la faisant passer de 15 à 30 centimes d'euros par litre. Une revendication portée directement par son président, Arnaud Rousseau, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux de l'organisation, et relayée par BFM Business.
## Un seuil symbolique franchi
L'argument avancé par le syndicat repose sur une donnée précise : le prix du GNR a dépassé, depuis le début de la semaine, la barre des 1,50 euro hors taxe le litre. Un niveau qui, selon Arnaud Rousseau, rend l'acquisition du carburant « extrêmement difficile pour les agriculteurs à la veille des travaux d'automne ». Le calendrier n'est pas anodin. Les mois de septembre et octobre correspondent à une période intense d'activité dans les exploitations, entre labours, semis et récoltes tardives. Autant de travaux qui dépendent largement de la mécanisation et donc de la consommation de gazole.
## Le calcul du syndicat
Arnaud Rousseau a explicité la logique qui sous-tend sa demande. « Pour nous, les 15 centimes annoncés par le gouvernement tenaient la route à partir du moment où les gasoils étaient autour de 1,20 euro », a-t-il déclaré. Autrement dit, le dispositif actuel, calibré pour un baril et des prix à la pompe d'un niveau antérieur, serait devenu inadapté à la nouvelle donne. En passant de 15 à 30 centimes, la FNSEA entend compenser une hausse qui, selon elle, excède largement le soutien public actuellement en vigueur. Le différentiel entre le prix de référence évoqué (1,20 euro) et le prix constaté (plus de 1,50 euro) atteint en effet 30 centimes, ce qui explique le chiffre avancé par le syndicat.
## Une aide en pied de facture réclamée
Au-delà du montant, la FNSEA formule une seconde exigence, d'ordre pratique : que cette aide soit appliquée « en pied de facture » afin d'« accélérer les remboursements, qu'ils soient immédiats ». Le mécanisme actuel, qui repose sur une avance de trésorerie des exploitants puis un remboursement différé, pèserait sur la trésorerie des exploitations dans un contexte déjà tendu. Le syndicat plaide donc pour un allègement administratif et un raccourcissement des délais, jugeant le système actuel trop lent au regard de l'urgence économique.
## Un contexte de pression sur les charges
Cette demande intervient dans un climat de vigilance accrue sur les coûts de production agricoles. Le gazole non routier représente un poste de dépense structurant pour les exploitations céréalières et d'élevage, dont la rentabilité dépend étroitement du prix des intrants. La hausse des carburants s'ajoute à d'autres charges — engrais, alimentation animale, énergie — qui ont connu des fluctuations importantes ces dernières années. La FNSEA, première organisation syndicale du secteur, cherche donc à obtenir un signal fort avant l'entrée dans une période de travaux coûteuse en carburant.
Reste à savoir quelle suite le gouvernement réservera à cette demande. Aucune réponse officielle de l'exécutif n'a été rapportée à ce stade. Le dossier pourrait néanmoins s'inviter rapidement dans les discussions budgétaires, alors que le soutien aux filières agricoles constitue un sujet sensible. Pour les exploitants, l'enjeu est autant financier que calendaire : chaque semaine de retard dans l'ajustement du dispositif se traduit par un surcoût direct sur les prochains chantiers d'automne.