La Fifa «présente des excuses» après le projet controversé de s’ouvrir à des investisseurs privés

La Fifa reconnaît des « erreurs » et présente des « excuses » après l’échec de son projet d’ouverture à des investisseurs privés, une première dans l’histoire r
La Fifa reconnaît des « erreurs » et présente des « excuses » après l’échec de son projet d’ouverture à des investisseurs privés, une première dans l’histoire récente de l’instance dirigeante du football mondial. La direction de l’organisation a toutefois réaffirmé son « plein soutien » à son président Gianni Infantino, à l’issue d’une réunion de crise tenue mercredi au Maroc, selon des informations rapportées par Le Figaro avec l’AFP.
## Une réunion de crise au complexe Mohammed VI de Salé
La réunion, qui n’était pas ouverte à la presse, s’est tenue au siège pour l’Afrique de la Fifa, au sein du complexe Mohammed VI de Salé, près de Rabat. Elle intervient après la fuite dans les médias d’une proposition visant à ouvrir le capital de l’instance à des fonds d’investissement privés, un projet qui a suscité une vive controverse au sein des associations membres et du Conseil de la Fifa. Selon le communiqué diffusé en fin de soirée par la direction, « des erreurs ont été commises après la fuite de la proposition dans les médias », et « des excuses ont été présentées pour ces erreurs, assorties d’un engagement à veiller à ce qu’elles ne se reproduisent plus ».
La direction de la Fifa a également admis « qu’il n’était nullement dans l’intention d’exclure le Conseil de la Fifa et les associations membres de la Fifa du processus et que celui-ci aurait dû être géré différemment ». Ce texte, qui ne cite pas nommément Gianni Infantino, marque une inflexion notable dans la communication de l’organisation, habituellement prompte à défendre ses orientations stratégiques sans concession.
## Un projet avorté aux implications financières majeures
Le projet d’ouverture à des investisseurs privés, dont les contours précis n’ont pas été officiellement dévoilés, aurait pu transformer le modèle économique de la Fifa. Selon des sources proches du dossier, il s’agissait de céder une participation minoritaire dans une entité commerciale dédiée aux droits médias et marketing, une opération qui aurait pu générer plusieurs milliards de dollars pour l’instance. Toutefois, la fuite du projet dans la presse a provoqué une levée de boucliers parmi les fédérations nationales, qui ont dénoncé un manque de transparence et une concentration excessive du pouvoir entre les mains de la présidence.
Cette controverse survient dans un contexte où la Fifa a considérablement accru ses revenus ces dernières années, notamment grâce à l’élargissement de la Coupe du monde à 48 équipes à partir de 2026. L’instance a également signé des contrats lucratifs avec des sponsors et des diffuseurs, renforçant son assise financière. Cependant, ces succès commerciaux s’accompagnent d’une pression croissante des associations membres pour une gouvernance plus collégiale et plus transparente.
## Un soutien affiché à Gianni Infantino malgré les critiques
Malgré la reconnaissance des erreurs, la direction de la Fifa a réaffirmé son « plein soutien » à son président, Gianni Infantino, qui dirige l’organisation depuis 2016. Ce soutien intervient alors que le président sort d’une période marquée par plusieurs polémiques, notamment sur ses conditions de rémunération et son style de gouvernance jugé autoritaire par certains observateurs. La réunion de Salé semble donc avoir permis de désamorcer une crise interne, tout en maintenant la position de l’actuel président.
Les termes du communiqué, qui insistent sur la nécessité de « gérer différemment » ce type de processus à l’avenir, pourraient toutefois laisser entrevoir une évolution des pratiques internes de la Fifa. Selon des observateurs, cette séquence pourrait inciter l’instance à associer plus étroitement le Conseil et les associations membres aux décisions stratégiques majeures, afin d’éviter de nouvelles tensions.
## Une gouvernance sous surveillance
Cette affaire intervient alors que la Fifa fait l’objet d’une attention soutenue de la part des instances de régulation et des médias, depuis les scandales de corruption qui avaient éclaboussé l’organisation au milieu des années 2010. Si les réformes engagées depuis ont permis de restaurer partiellement la crédibilité de l’instance, des zones d’ombre subsistent, notamment en matière de transparence des décisions financières.
La gestion de ce projet avorté pourrait avoir des répercussions sur la préparation de la prochaine Coupe du monde, prévue aux États-Unis, au Canada et au Mexique en 2026. Les fédérations nationales, qui attendent des garanties sur la répartition des revenus générés par la compétition, pourraient utiliser cette séquence pour renforcer leurs exigences en matière de gouvernance. La Fifa, de son côté, devra trouver un équilibre entre ses ambitions commerciales et la nécessité de préserver l’adhésion de ses membres, un défi qui s’annonce d’autant plus complexe que les enjeux financiers n’ont jamais été aussi élevés.