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La Fifa annonce abandonner son projet d'investissements privés face aux critiques

Monde · · Par Claire BERNARD

La Fifa annonce abandonner son projet d'investissements privés face aux critiques

La Fédération internationale de football association (Fifa) a officiellement renoncé, samedi, à son projet d’ouverture du capital à des investisseurs privés. Se

La Fédération internationale de football association (Fifa) a officiellement renoncé, samedi, à son projet d’ouverture du capital à des investisseurs privés. Selon des informations rapportées par RFI, le président de l’instance, Gianni Infantino, a cédé face à un faisceau de critiques portant sur les risques de marchandisation du football et sur d’éventuels conflits d’intérêt. ### ### Un renoncement sous pression L’annonce, faite au terme d’une journée marquée par une vive contestation interne et externe, met un terme à plusieurs mois de spéculations sur une refonte du modèle économique de la Fifa. Le projet, qui n’avait jamais été officiellement détaillé dans ses modalités, prévoyait selon plusieurs sources proches du dossier l’entrée de fonds souverains ou de sociétés d’investissement au capital d’une structure dédiée aux compétitions. Cette perspective avait suscité l’inquiétude de nombreuses fédérations nationales, craignant une perte d’influence dans les décisions stratégiques au profit d’actionnaires aux intérêts purement financiers. Gianni Infantino, qui défendait ce dispositif comme un levier de croissance pour le football mondial, aurait toutefois sous-estimé l’ampleur de la contestation. Selon des informations concordantes, plusieurs membres du Conseil de la Fifa auraient menacé de rendre publique leur opposition si le dossier n’était pas retiré. La pression s’est également exercée par le biais d’associations de supporters et de ligues professionnelles européennes, qui y voyaient une dangereuse dérive vers une hyper-commercialisation du sport. ### ### Des soupçons de conflit d’intérêt persistants Au-delà du débat idéologique sur la place de l’argent dans le football, le projet cristallisait des soupçons plus personnels à l’encontre du dirigeant italo-suisse. Certaines sources, citées par RFI, évoquaient des liens potentiels entre des investisseurs pressentis et des proches de l’entourage de Gianni Infantino, sans que ces allégations n’aient été étayées par des preuves publiques. Ce contexte de suspicion, dans une instance déjà marquée par les scandales de corruption des années 2010, rendait le projet politiquement intenable. Par ailleurs, ce renoncement intervient dans un climat de défiance généralisée envers la gouvernance des instances sportives internationales. La Fifa, qui a longtemps peiné à restaurer son image après l’affaire du « Fifa Gate », aurait pris acte du risque réputationnel encouru. Selon des observateurs du football international, ce retrait pourrait être interprété comme une tentative de désamorcer les critiques avant le prochain Congrès de l’instance, prévu dans les prochains mois. ### ### Quelles conséquences pour le financement du football ? L’abandon de ce projet laisse entière la question du financement des compétitions internationales, dont les coûts ne cessent d’augmenter. La Coupe du monde 2026, qui se tiendra aux États-Unis, au Canada et au Mexique, devrait notamment mobiliser des budgets records en matière de sécurité et d’infrastructures. Selon des estimations rapportées par des médias spécialisés, la Fifa devra trouver des sources de financement alternatives pour maintenir son niveau d’investissement dans le développement du football dans les pays émergents. Certains experts du droit du sport estiment que ce renoncement pourrait toutefois être temporaire. La pression des grands clubs et des ligues commerciales, qui réclament une redistribution accrue des revenus, pourrait conduire à une résurgence de ce type de dispositif sous une forme plus encadrée. D’autres, au contraire, y voient un signal fort en faveur d’un modèle associatif préservé, où les décisions resteraient entre les mains des fédérations membres. Cette décision, si elle apaise les tensions immédiates, ne règle pas les contradictions structurelles d’une institution tiraillée entre son statut d’association à but non lucratif et la réalité économique d’un sport devenu une industrie mondiale. Le football international devra, dans les années à venir, arbitrer entre la nécessité de financer son développement et la préservation de son intégrité sportive et éthique.