"La demande de délai de quatre mois semble excessive": le gouvernement attend une offre de reprise finalisée avant le 30 septembre pour sauver l'usine de pâte à papier Fibre Excellence

Le gouvernement fixe une ligne rouge claire aux repreneurs potentiels de l’usine de pâte à papier Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne). Le ministre
Le gouvernement fixe une ligne rouge claire aux repreneurs potentiels de l’usine de pâte à papier Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne). Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a exigé ce lundi 7 septembre des « engagements précis » avant le 30 septembre, écartant toute idée de nationalisation temporaire et jugeant « excessive » la demande de délai de quatre mois formulée par la présidente de la région Occitanie, Carole Delga. Une offre de reprise doit être examinée dès mardi par le tribunal de commerce.
## Un ultimatum ministériel pour sortir de l’incertitude
Le ministre de l’Industrie a répondu par un communiqué ferme aux sollicitations de Carole Delga. Cette dernière avait réclamé, jeudi dernier, un délai supplémentaire de quatre mois, adossé à une nationalisation « temporaire » du site, afin de permettre à un industriel du secteur de la pâte à papier et des produits d’hygiène de finaliser sa proposition. Sébastien Martin a balayé cette option d’un revers de main : « La demande de délai de quatre mois semble pour le moins excessive. De même qu’une nationalisation n’est absolument pas une réponse pertinente à la situation que chacun connaît. »
Le ministre justifie sa position par l’urgence sociale et humaine qui entoure le dossier. « Cela fait maintenant des mois et des mois que les salariés sont dans l’incertitude et l’on ne peut pas perpétuellement créer de faux espoirs », a-t-il déclaré. Cette prise de position intervient alors que le site emploie plusieurs centaines de travailleurs, dont le sort demeure suspendu à l’issue des négociations en cours. Le gouvernement semble vouloir privilégier une solution rapide et concrète plutôt qu’un allongement du calendrier procédural.
## Un repreneur portugais sous conditions strictes
Pour éviter toute nouvelle déconvenue, l’exécutif conditionne son soutien à la présentation d’un projet solide et chiffré. L’éventuel repreneur, dont le ministre précise qu’il est portugais, devra apporter des « preuves des fonds disponibles », préciser le « nombre d’emplois repris » et soumettre un « calendrier de redémarrage » crédible. Ces éléments devront être fournis avant la date butoir du 30 septembre, sous peine de voir l’offre écartée.
Parallèlement, Sébastien Martin consent à « participer au financement de la prolongation de la poursuite temporaire d’activité dans la limite de 2 millions d’euros ». Cette enveloppe, à mobiliser « avant le 30 septembre 2026 », vise à maintenir le site en fonctionnement pendant la période transitoire. Le montant, s’il est inférieur aux demandes initiales de la région, témoigne néanmoins d’une volonté de ne pas laisser le site à l’arrêt complet.
## Une offre de reprise examinée sous 24 heures
Le calendrier s’accélère. L’offre de reprise, portée notamment par la région Occitanie et le groupe alsacien Soprema, à laquelle s’adjoint ce nouvel acteur portugais, doit être examinée dès mardi par le tribunal de commerce. Cette échéance judiciaire constitue un moment charnière pour déterminer la viabilité du projet industriel. Les discussions entre les différentes parties prenantes, engagées depuis plusieurs semaines, pourraient aboutir à une issue favorable si les garanties financières et opérationnelles sont jugées suffisantes.
Le ministre a toutefois tenu à rappeler que l’État ne se substituerait pas aux acteurs privés. « Nous ne pouvons pas perpétuellement créer de faux espoirs », a-t-il insisté, appelant chacun à la responsabilité. La pression est désormais sur les épaules des repreneurs, qui disposent de moins de trois semaines pour convaincre à la fois le gouvernement et la justice commerciale de la solidité de leur projet.
L’avenir de Fibre Excellence se jouera donc dans les prochains jours. Si une solution de reprise se dessine, elle devra conjuguer viabilité économique, maintien de l’emploi et calendrier de redémarrage réaliste. À défaut, le site pourrait connaître un sort similaire à d’autres usines papetières françaises, victimes de la mutation du secteur et de la concurrence internationale. Les salariés, eux, retiennent leur souffle tandis que les acteurs institutionnels tentent de trouver un équilibre entre urgence sociale et exigences industrielles.