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La Data Room : « 69% : la part d’électricité en France produite grâce au nucléaire depuis le début de l’année » - 12/05

Economie · · Par Julie MOREAU

La Data Room : « 69% : la part d’électricité en France produite grâce au nucléaire depuis le début de l’année » - 12/05

## L'essentiel Le secteur de l’énergie en France continue d'évoluer, avec une part significative de son électricité provenant des centrales nucléaires. Selon de

L'essentiel

Le secteur de l’énergie en France continue d'évoluer, avec une part significative de son électricité provenant des centrales nucléaires. Selon des données récemment publiées par BFM Business, 69 % de l'électricité produite dans l'Hexagone depuis le début de l'année 2023 serait d'origine nucléaire. Ce chiffre soulève des questions sur la dépendance de la France à cette source d'énergie et les implications pour l'avenir énergétique du pays.

Cette dépendance au nucléaire s'inscrit dans un contexte plus large de mutations énergétiques, tandis que l'explosion du volume de petits colis en France illustre une autre facette de la consommation moderne.

Le nucléaire a depuis longtemps été un pilier de la production d'électricité en France, contribuant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à garantir une certaine indépendance énergétique. En effet, la France se distingue par sa capacité à générer une grande partie de son électricité sans recourir aux combustibles fossiles. Ce modèle a été soutenu par des investissements conséquents dans le développement et l'entretien des installations nucléaires.

Cependant, cette forte dépendance au nucléaire n'est pas sans controverse. Les débats autour de la sécurité des installations, de la gestion des déchets nucléaires et des risques associés à cette technologie sont omniprésents. De plus, l'actualité récente a mis en lumière des préoccupations concernant l'âge des réacteurs nucléaires français, dont certains approchent de la quarantaine. À ce jour, environ 56 réacteurs sont en service, et des opérations de maintenance et de contrôle de sécurité sont régulièrement nécessaires pour assurer leur bon fonctionnement.

La part de 69 % d'électricité d'origine nucléaire pour 2023 semble également faire écho aux efforts de décarbonation du pays. La France s'est engagée à respecter des objectifs climatiques ambitieux, notamment dans le cadre des accords de Paris. La transition énergétique est au cœur des priorités gouvernementales, mais elle doit se conjuguer avec la réalité de l'approvisionnement énergétique. En 2021, la France a produit environ 70 % de son électricité grâce au nucléaire, ce qui indique une stabilité dans ce secteur.

En parallèle, le développement des énergies renouvelables est en constante progression. Selon les projections de RTE, le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité, la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique pourrait atteindre 40 % d'ici 2030. Cela laisse entrevoir un avenir moins dépendant du nucléaire, tout en reconnaissant que la transition ne se fait pas du jour au lendemain.

L'actualité du secteur énergétique est également marquée par les fluctuations des prix de l'énergie sur les marchés européens. Ces derniers mois, la hausse des coûts du gaz et de l'électricité a eu des répercussions sur les consommateurs et les entreprises, entraînant des préoccupations quant à l'inflation. L'impact des prix de l'énergie sur le pouvoir d'achat des ménages est un sujet brûlant, et les gouvernements européens cherchent des solutions pour atténuer cette pression.

En outre, les enjeux géopolitiques jouent un rôle de plus en plus prépondérant dans la stratégie énergétique de la France. La dépendance à des fournisseurs extérieurs pour les matières premières et les combustibles peut entraîner des vulnérabilités, surtout dans un contexte mondial tendu. La diversification des sources d'énergie et le développement de nouvelles technologies, telles que l'hydrogène vert ou le stockage d'énergie, sont autant de pistes explorées pour renforcer la résilience du système énergétique français.

Il convient également de noter que la France fait face à des défis liés à l'acceptabilité sociale des projets énergétiques. Les projets d'installations d'énergies renouvelables, comme les éoliennes ou les panneaux solaires, peuvent rencontrer des oppositions locales. La concertation avec les citoyens et les acteurs locaux est essentielle pour accompagner la transition énergétique et garantir une acceptation des projets.

En résumé, la part de 69 % d'électricité produite grâce au nucléaire en France depuis le début de l'année 2023 souligne l'importance de cette source d'énergie dans le paysage énergétique national. Alors que le pays s'efforce de trouver un équilibre entre la sécurité énergétique, la durabilité et l'acceptabilité sociale, il est clair que l'avenir énergétique de la France sera marqué par des choix stratégiques cruciaux. La transition vers un mix énergétique plus diversifié semble inévitable, mais elle doit être réalisée de manière réfléchie et planifiée.

Contexte

Le chiffre de 69 % de production électrique d'origine nucléaire pour les premiers mois de 2023 s'inscrit dans la continuité d'une histoire énergétique française singulière. Lancé dans la foulée du premier choc pétrolier de 1973, le plan Messmer visait à assurer l'indépendance énergétique du pays via un vaste programme de construction de centrales nucléaires. En moins de deux décennies, la France est passée d'une dépendance quasi totale aux hydrocarbures importés à un parc de 56 réacteurs, le deuxième plus important au monde après les États-Unis.

Cette infrastructure a permis à la France de devenir le premier exportateur net d'électricité en Europe, avec des excédents réguliers vers ses voisins italien, allemand, britannique et suisse. EDF, l'opérateur historique, a longtemps incarné ce modèle centralisé, fondé sur la maîtrise de l'ensemble de la filière, de l'extraction de l'uranium au retraitement des combustibles usés, en passant par la construction des réacteurs.

Cependant, ce modèle a connu des fractures notables. La catastrophe de Fukushima en 2011 a ravivé les inquiétudes sur la sûreté nucléaire et conduit à des débats sur l'opportunité d'une sortie du nucléaire, comme l'a engagée l'Allemagne. En France, la loi de transition énergétique de 2015 avait fixé un objectif de réduction de la part du nucléaire à 50 % de la production électrique à l'horizon 2025, objectif depuis repoussé à 2035 par la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) de 2019. Le président Emmanuel Macron a annoncé en 2022 la construction de six nouveaux réacteurs EPR2, marquant un recentrage assumé sur l'atome.

Le contexte actuel est également marqué par une crise de maintenance sans précédent. En 2022, la production nucléaire française a chuté à son plus bas niveau depuis trente ans, en raison de problèmes de corrosion sous contrainte détectés sur plusieurs réacteurs et d'arrêts prolongés pour maintenance. Cette baisse de production, couplée à la guerre en Ukraine et à la flambée des prix du gaz, a contraint la France à importer de l'électricité, inversant sa position historique d'exportateur. Le chiffre de 69 % pour 2023 doit donc être lu comme un indicateur de reprise partielle après cette année difficile, plus que comme une simple confirmation de la stabilité du mix énergétique.

Analyse

Le chiffre de 69 % de production nucléaire pour 2023 appelle plusieurs lectures, qui ne sont pas nécessairement contradictoires mais qui engagent des perspectives différentes sur l'avenir énergétique français.

D'un point de vue technique, ce taux témoigne d'une reprise de la production après la crise de 2022. La remise en service progressive des réacteurs arrêtés pour maintenance ou pour le traitement du problème de corrosion a permis de retrouver un niveau de production plus proche de la normale. Il ne s'agit donc pas d'une donnée structurelle stable, mais d'un indicateur conjoncturel qui pourrait encore évoluer en fonction des aléas industriels et climatiques. La canicule de l'été 2023, par exemple, a contraint EDF à réduire la production de certains réacteurs en raison du réchauffement des cours d'eau utilisés pour le refroidissement.

D'un point de vue politique, ce chiffre intervient dans un débat polarisé entre les partisans d'un maintien voire d'un renforcement du nucléaire, et ceux qui prônent une accélération vers les énergies renouvelables. Les premiers y voient la confirmation que le nucléaire reste la colonne vertébrale du système électrique français, capable de fournir une électricité bas carbone et pilotable. Les seconds soulignent que cette dépendance fragilise le pays face aux aléas techniques d'un parc vieillissant, et que les investissements massifs nécessaires à son renouvellement pourraient être plus efficacement alloués aux renouvelables et au stockage.

D'un point de vue économique, la part du nucléaire dans le mix a des implications directes sur les prix de l'électricité. Le mécanisme de l'ARENH (Accès Régulé à l'Électricité Nucléaire Historique), qui permet aux fournisseurs alternatifs d'acheter une partie de la production nucléaire à un prix régulé, a été au cœur des tensions sur le marché de l'électricité en 2022 et 2023. La réforme du marché européen de l'électricité, actuellement en discussion à Bruxelles, pourrait modifier en profondeur les règles de fixation des prix et l'équilibre entre les différentes sources de production.

Enfin, ce chiffre pose la question de la trajectoire. Si la France maintient une part aussi élevée de nucléaire, elle devra réussir le défi industriel de la construction des EPR2 et de la prolongation de la durée de vie des réacteurs existants au-delà de 50 ou 60 ans. À l'inverse, si elle souhaite réduire cette part, elle devra massivement développer les énergies renouvelables, ce qui implique des investissements colossaux et une acceptabilité sociale encore incertaine.

Implications

La persistance d'une part élevée du nucléaire dans le mix électrique français emporte des conséquences concrètes à plusieurs niveaux.

À court terme, la production nucléaire continuera de jouer un rôle clé dans la sécurité d'approvisionnement du pays et de ses voisins européens. La France pourrait retrouver sa position d'exportateur net d'électricité, ce qui contribuerait à stabiliser les prix sur les marchés de gros et à réduire la facture énergétique des consommateurs français. Cependant, cette reprise reste conditionnée à la résolution durable des problèmes techniques identifiés sur le parc existant, notamment la corrosion sous contrainte qui pourrait nécessiter des inspections et des réparations sur un nombre croissant de réacteurs dans les années à venir.

À moyen terme, la décision de construire six nouveaux EPR2, dont le premier devrait entrer en service autour de 2035-2037, engage la France dans une trajectoire de long terme. Ces chantiers représenteront un investissement estimé à plusieurs dizaines de milliards d'euros, avec des risques de dérapages budgétaires et de délais, comme l'ont montré les expériences de Flamanville (EPR) et d'Olkiluoto en Finlande. Parallèlement, le développement des énergies renouvelables devra être accéléré pour respecter les objectifs climatiques et la diversification du mix. La fermeture programmée de certaines centrales à charbon et l'objectif de neutralité carbone en 2050 imposent un rythme soutenu de déploiement des capacités solaires et éoliennes.

Pour les consommateurs, l'évolution du mix énergétique aura un impact direct sur leur facture d'