La Data Room : 3 % : la part des actions du S&P 500 qui affichent désormais des rendements de dividendes supérieurs au rendement des bons du Trésor à 10 ans. Soit la proportion la plus faible depuis mai 2007. – 05/10

## La fin d'une ère pour les rendements du dividende Selon une analyse relayée par BFM Business dans son émission La Data Room du 5 octobre, seules 3 % des acti
## La fin d'une ère pour les rendements du dividende
Selon une analyse relayée par BFM Business dans son émission La Data Room du 5 octobre, seules 3 % des actions composant l'indice S&P 500 affichent aujourd'hui un rendement du dividende supérieur à celui des bons du Trésor américain à 10 ans. Il s'agit de la proportion la plus faible enregistrée depuis mai 2007, selon la même source. Ce chiffre marque un basculement notable dans l'arbitrage entre revenus fixes et revenus variables, sur fond de remontée persistante des taux d'intérêt.
## Un renversement historique de l'arbitrage
Pour mesurer la portée de ce chiffre, il faut rappeler ce qu'il signifie concrètement. Un investisseur cherchant du rendement peut aujourd'hui se tourner vers la dette souveraine américaine, considérée comme l'actif le moins risqué du marché, et obtenir un coupon supérieur à ce que lui verseraient la quasi-totalité des grandes entreprises du S&P 500 sous forme de dividendes. La situation est d'autant plus remarquable que, pendant plus d'une décennie de taux bas, la quête de rendement avait poussé des millions d'épargnants et de gérants vers les actions à dividendes, souvent présentées comme l'alternative naturelle à des obligations devenues stériles. Le renversement de ce rapport de force était attendu, mais son ampleur surprend.
## La remontée des taux américains en cause
Le mouvement s'explique d'abord par la trajectoire des taux longs américains. Comme l'a souligné Florian Ielpo, en charge de la macroéconomie chez Lombard Odier IM, lors de la même émission BFM Bourse du 5 octobre, le taux américain à 10 ans reste sous tension. Cette tension renchérit mécaniquement le rendement des bons du Trésor et rend plus exigeant le seuil à atteindre pour qu'un dividende apparaisse attractif. À l'inverse, les entreprises du S&P 500 n'ont pas augmenté leurs distributions dans les mêmes proportions, ce qui comprime l'écart en leur défaveur. Le contexte français illustre la même dynamique : le taux français à 10 ans se rapproche des 5 %, toujours selon les intervenants cités par BFM Business.
## Quelles conséquences pour les portefeuilles
Cette configuration pose plusieurs questions aux investisseurs. D'abord, celle de la valorisation des actions dites « de rendement », très présentes dans les portefeuilles retraités et les fonds à distribution. Ensuite, celle de la concurrence exercée par les obligations souveraines dans l'allocation d'actifs, un thème récurrent des débats de marché. Enfin, celle du rôle des investisseurs étrangers — notamment les grands fonds japonais, évoqués lors de l'émission — dans le financement de la dette française et américaine. Aucun de ces points ne constitue toutefois une prédiction : les marchés ont montré par le passé leur capacité à inverser rapidement ce type de tendance.
Le seuil de 3 % constitue un repère statistique autant qu'un signal. Il rappelle que la période 2009-2021, marquée par des taux nuls ou négatifs et une ruée vers les dividendes, relevait d'un régime particulier. Reste à savoir si le niveau actuel des taux se maintient durablement ou si un assouplissement monétaire viendrait, à nouveau, rebattre les cartes.