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La croissance du Royaume-Uni ralentit mais la sienne ne fait qu'accélérer depuis 10 ans: comment l'Irlande du Nord a su tirer profit du Brexit grâce à son statut particulier

Economie · · Par Julie MOREAU

La croissance du Royaume-Uni ralentit mais la sienne ne fait qu'accélérer depuis 10 ans: comment l'Irlande du Nord a su tirer profit du Brexit grâce à son statut particulier

# Brexit : comment l'Irlande du Nord a transformé son statut unique en moteur de croissance Alors que la croissance du Royaume-Uni ralentit nettement depuis le

# Brexit : comment l'Irlande du Nord a transformé son statut unique en moteur de croissance Alors que la croissance du Royaume-Uni ralentit nettement depuis le référendum de 2016, l'Irlande du Nord affiche une trajectoire économique inverse, avec une accélération continue de son PIB. Cette province britannique de près de 2 millions d'habitants, qui avait voté à 55,8% contre le Brexit, tire aujourd'hui profit de son statut particulier, lui permettant de rester membre de l'union douanière européenne et du marché unique. ## Un découplage économique inattendu L'écart de performance entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni est frappant. Selon les données rapportées par Bloomberg, la croissance nord-irlandaise n'a cessé de s'accélérer depuis 2016 : +0,6% par an en moyenne entre 2017 et 2019, puis +1,6% entre 2020 et 2022, et enfin +2% entre 2023 et 2025. Dans le même temps, la croissance du Royaume-Uni dans son ensemble a suivi une pente inverse : +1,9% en moyenne entre 2017 et 2019, +1,5% entre 2020 et 2022, et seulement +0,9% entre 2023 et 2025. Ce découplage illustre les conséquences contrastées du Brexit sur les différentes composantes du Royaume-Uni. Bloomberg Economics estime que le divorce entre Londres et Bruxelles aurait représenté un coût compris entre 2 et 4% du PIB pour l'économie britannique dans son ensemble. L'Irlande du Nord semble, pour sa part, avoir échappé à cette sanction économique. ## Le statut douanier comme avantage compétitif La clé de cette performance réside dans le statut unique accordé à l'Irlande du Nord dans le cadre de l'accord de retrait. La région partage une frontière directe avec l'Irlande, membre de l'UE, tout en restant rattachée au Royaume-Uni. Ce positionnement lui permet de bénéficier simultanément de l'accès au marché unique européen et de son appartenance au Royaume-Uni. L'Institut national de recherche économique et sociale (NIESR) constatait déjà, il y a quatre ans, cette embellie économique. Selon ses analyses, les exportations de la province britannique vers l'UE ont nettement progressé, les entreprises nord-irlandaises profitant d'un accès privilégié au marché continental que leurs concurrentes anglaises, galloises ou écossaises n'ont pas. ## Un marché du travail résilient Les indicateurs du marché du travail confirment cette dynamique positive. L'Irlande du Nord est la seule région du Royaume-Uni à avoir vu l'emploi salarié progresser au cours des douze derniers mois, selon l'Agence des statistiques et de la recherche nord-irlandaise. Cette performance contraste avec les difficultés rencontrées dans d'autres parties du pays, où l'emploi salarié stagne ou recule. Cette résilience du marché du travail nord-irlandais s'explique en partie par l'attractivité renforcée de la région pour les investisseurs étrangers, qui y voient une porte d'entrée vers le marché européen tout en bénéficiant du cadre juridique et monétaire britannique. La province rattrape progressivement son retard économique sur le reste du pays, un phénomène que peu d'observateurs anticipaient au lendemain du référendum de 2016. ## Des perspectives contrastées pour l'avenir Si l'Irlande du Nord semble avoir tiré son épingle du jeu, ce constat n'efface pas les défis politiques et institutionnels que son statut particulier soulève. Le protocole nord-irlandais, qui encadre ces dispositions douanières, reste un sujet de friction entre Londres et Bruxelles, et au sein même de la classe politique locale. Pour le reste du Royaume-Uni, cette performance régionale pose la question des coûts du Brexit et des avantages perdus par l'absence d'accès privilégié au marché unique. Alors que la croissance britannique ralentit structurellement, l'exemple nord-irlandais pourrait alimenter les débats sur une éventuelle réorientation de la politique commerciale post-Brexit.