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La contraction record du PIB irlandais qui a chuté de 12% fait basculer l'économie de la zone euro dans le rouge au 1er trimestre

Economie · · Par Julie MOREAU

La contraction record du PIB irlandais qui a chuté de 12% fait basculer l'économie de la zone euro dans le rouge au 1er trimestre

Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a finalement reculé de 0,2 % au premier trimestre 2025, une révision à la baisse significative par rapport à l’e

Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a finalement reculé de 0,2 % au premier trimestre 2025, une révision à la baisse significative par rapport à l’estimation initiale de +0,1 %, principalement en raison de la contraction record de l’économie irlandaise. Cette publication d’Eurostat ce vendredi fait basculer l’ensemble du bloc monétaire dans le rouge, un signal préoccupant pour la conjoncture européenne. ## Un trou d’air irlandais qui fausse les comptes L’Irlande a enregistré une chute vertigineuse de son PIB de 12,1 % sur les trois premiers mois de l’année, un chiffre bien plus mauvais que les premières prévisions. Cette contraction, d’une ampleur inédite parmi les pays de la zone euro, est directement liée à la déconfiture des multinationales implantées sur le sol irlandais, dont l’activité a plongé de 27 % au premier trimestre. Le pays, qui dépend fortement de ces grands groupes pour sa croissance, subit de plein fouet le ralentissement de l’économie mondiale et les tensions commerciales. En 2024, l’Irlande avait pourtant affiché une croissance exceptionnelle de 12,4 %, tirée par les exportations de médicaments amaigrissants vers les États-Unis et par la constitution de stocks d’entreprises américaines en prévision des droits de douane imposés par Donald Trump. Ce phénomène de « stockage préventif » avait artificiellement gonflé le PIB irlandais l’an passé, et les économistes anticipaient logiquement un retour de balancier. ## L’effet domino sur la zone euro Sans l’Irlande, le PIB de la zone euro aurait progressé de 0,2 % à 0,3 % au premier trimestre, selon Daniel Hartmann, économiste en chef de Bantleon, cité par Bloomberg. Le poids statistique de Dublin, bien que modeste en volume absolu, s’avère décisif dans les agrégats européens en raison de la volatilité de son économie. Outre l’Irlande, trois autres pays ont vu leur PIB reculer : la Lituanie (-0,3 %), la Suède (-0,2 %) et la France (-0,1 %). À l’inverse, le Danemark (+1,9 %), l’Estonie et Malte (+1,1 % chacun) affichent les meilleures performances. Ces disparités reflètent la fragilité persistante de la reprise dans la zone euro, où la croissance reste hétérogène et sujette à des chocs externes. ## Des perspectives incertaines pour le reste de l’année Cette révision à la baisse intervient dans un contexte de resserrement monétaire et de ralentissement du commerce mondial. Les économistes estiment que la contraction du premier trimestre pourrait n’être qu’un accident statistique lié à la normalisation irlandaise, mais elle souligne la vulnérabilité de la zone euro face aux fluctuations des multinationales et aux politiques protectionnistes américaines. Les prochains trimestres seront scrutés de près pour déterminer si cette contraction est conjoncturelle ou annonce une tendance plus durable. En attendant, les marchés financiers restent en alerte, et la Banque centrale européenne pourrait devoir ajuster sa politique monétaire si la récession se confirme.