La colombe devient faucon: face à une inflation record aux États-Unis, le gouverneur de la banque centrale américaine prépare les esprits à une remontée des taux d'intérêts

La colombe se mue en faucon. Christopher Waller, gouverneur de la Réserve fédérale américaine (Fed) et longtemps considéré comme l’un des membres les plus accom
La colombe se mue en faucon. Christopher Waller, gouverneur de la Réserve fédérale américaine (Fed) et longtemps considéré comme l’un des membres les plus accommodants de l’institution, a prévenu ce lundi 13 juillet que la banque centrale pourrait devoir relever ses taux d’intérêt “à court terme” si l’inflation persistait. Un revirement de taille qui prépare les marchés à un nouveau resserrement monétaire, alors que l’indice PCE, mesure privilégiée par la Fed, atteint 4,1 % en mai, soit le double de l’objectif visé.
## Un changement de cap significatif pour un “colombe” historique
Christopher Waller, dont le profil était jusqu’alors associé à une approche plus soucieuse de soutenir l’emploi que de combattre l’inflation, a explicitement infléchi son discours. Lors d’un événement organisé par l’association d’économistes NYABE à New York, il a déclaré que la Fed “doit se tenir prête à resserrer sa politique monétaire pour éviter une répétition de l’épisode d’inflation de 2021-22”, en référence au dérapage des prix ayant suivi la pandémie de Covid-19. Ce virage intervient alors que la guerre au Moyen-Orient a contribué à relancer les tensions inflationnistes outre-Atlantique.
“À moins de constater un affaiblissement significatif du marché du travail, je me concentrerai sur l’inflation”, a-t-il résumé, marquant une rupture nette avec sa position antérieure. Ce glissement vers le camp des “faucons” — ceux qui privilégient la lutte contre la hausse des prix — est d’autant plus notable qu’il émane d’une figure clé du comité de politique monétaire de la Fed.
## L’inflation sous-jacente, principal motif d’inquiétude
Si l’indice des prix à la consommation (CPI) de juin, attendu mardi, devrait marquer un ralentissement grâce au reflux des prix à la pompe, Christopher Waller a mis en garde contre un autre indicateur : l’inflation sous-jacente, qui exclut les fluctuations des prix de l’alimentation et de l’énergie. “Si les chiffres de l’inflation sous-jacente s’avèrent à nouveau élevés cette semaine, le comité fixant les taux directeurs devra alors envisager de resserrer sa politique monétaire à court terme”, a-t-il averti.
Cette préoccupation se fonde sur les données de mai : l’indice PCE, privilégié par la Fed pour surveiller les prix, affichait une hausse de 4,1 % sur un an, un niveau inédit depuis trois ans. Ce chiffre est le double de l’objectif de 2 % fixé par l’institution monétaire. Le gouverneur semble ainsi estimer que les progrès en matière de désinflation pourraient être insuffisants pour écarter un nouveau tour de vis.
## Un message adressé aux marchés et aux investisseurs
Cette prise de parole intervient dans un contexte où les anticipations d’une baisse des taux se sont envolées ces derniers mois. En se rangeant du côté des “faucons”, Christopher Waller envoie un signal clair aux marchés financiers : la Fed n’hésitera pas à agir si les données économiques l’exigent. Le comité de politique monétaire, qui se réunira prochainement, devra trancher entre le maintien d’un statu quo et une hausse des taux qui pourrait peser sur la croissance.
Pour les investisseurs, ce revirement souligne la fragilité de la situation économique américaine, tiraillée entre une inflation toujours tenace et un marché du travail qui reste tendu. La déclaration de Waller pourrait ainsi redessiner les anticipations de taux pour les mois à venir, alors que les acteurs économiques guettent chaque indicateur pour ajuster leurs stratégies.
## Une perspective incertaine pour la politique monétaire
La position de Christopher Waller, bien que personnelle, reflète une inquiétude croissante au sein de la Fed face à une inflation qui peine à revenir à des niveaux acceptables. Si les données de l’inflation sous-jacente s’avèrent effectivement élevées, une hausse des taux à court terme deviendrait quasi inévitable. Ce scénario, qui semblait écarté il y a encore quelques mois, pourrait marquer un nouveau chapitre dans la lutte contre la hausse des prix aux États-Unis, avec des répercussions potentielles sur les marchés mondiaux et les politiques monétaires des autres banques centrales.