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La Chine exporte 55 millions de véhicules par an quand l'Europe n'en produit que 12 millions: Emmanuel Macron assume la préférence européenne sur les véhicules à la veille du Mondial de l'Auto

Economie · · Par Julie MOREAU

La Chine exporte 55 millions de véhicules par an quand l'Europe n'en produit que 12 millions: Emmanuel Macron assume la préférence européenne sur les véhicules à la veille du Mondial de l'Auto

## La Chine exporte 55 millions de véhicules par an quand l'Europe n'en produit que 12 millions : Emmanuel Macron assume la préférence européenne À la veille de

## La Chine exporte 55 millions de véhicules par an quand l'Europe n'en produit que 12 millions : Emmanuel Macron assume la préférence européenne À la veille de l'ouverture du Mondial de l'Auto, l'Élysée a rappelé ce dimanche qu'Emmanuel Macron entend défendre une préférence européenne dans le secteur automobile, face à une concurrence chinoise jugée particulièrement offensive. Le chef de l'État reçoit une soixantaine d'acteurs européens de la filière lors d'un dîner à l'Élysée, selon BFM Business, pour exposer sa vision à quelques heures d'inaugurer ce qui sera le dernier Mondial de son double quinquennat. ## Un déséquilibre productif structurel Les chiffres avancés par la présidence donnent la mesure du rapport de force. « Le choc chinois est réel, avec à peu près 55 millions de véhicules produits et exportables en Chine, là où on a un marché européen de 12 millions de véhicules », relève l'Élysée, cité par BFM Business. Cet écart traduit une asymétrie industrielle profonde : la Chine dispose d'une capacité exportable qui représente près de cinq fois la taille du marché européen, quand l'Europe, elle, produit à peine l'équivalent de sa propre consommation. Dans ce contexte, le président veut s'ériger en défenseur de l'industrie automobile européenne face aux low-cost asiatiques. ## L'absence des constructeurs chinois, un symbole La composition du dîner de dimanche soir n'est pas anodine. Aucun constructeur chinois n'a été convié à la table de l'Élysée, la présidence précisant que seuls sont invités les acteurs « ayant investi de longue date en Europe ». Cette mise à l'écart, à la veille d'un salon automobile majeur, illustre la ligne assumée par l'exécutif : dialogue avec les industriels historiques, fermeté face aux nouveaux entrants. La Chine, principal exportateur sur le continent, ne sera donc représentée par aucun constructeur au Mondial, selon BFM Business. ## Quotas sur les hybrides après les surtaxes électriques Pékin a toutefois accepté vendredi de freiner sensiblement ses exportations de voitures hybrides vers l'Union européenne, ce qui devrait empêcher l'arrivée de millions de ces véhicules ces prochaines années sur le Vieux Continent. Cette évolution pourrait se traduire par des mesures de quotas sur les hybrides, après les surtaxes déjà appliquées aux véhicules électriques. Le dossier commercial reste donc évolutif, et la pression européenne sur les véhicules hybrides constitue un nouveau levier dans les négociations entre Bruxelles et Pékin. ## L'électrification comme moteur de la production française Sur le front intérieur, l'Élysée met en avant les résultats de la transition électrique. « L'électrification est le moteur de la reprise du marché et de la production en France », souligne la présidence. La part de marché des véhicules électriques est passée de 1 % en 2017 à 40 % en septembre en France. Parallèlement, le « Made in France » monte en puissance dans les batteries de ces véhicules et représente désormais 26 % des nouvelles immatriculations. Ces deux indicateurs dessinent une filière en recomposition, portée par l'électrification et une montée en gamme de la production locale. ## Un enjeu de souveraineté industrielle Le rendez-vous de dimanche s'inscrit dans une séquence politique chargée pour l'industrie automobile européenne, confrontée à la fois à la transition énergétique et à la pression concurrentielle asiatique. La préférence européenne revendiquée par Emmanuel Macron pose toutefois une question de fond : jusqu'où l'Europe peut-elle protéger son marché sans s'exposer au risque de mesures de rétorsion de Pékin ? La réponse dépendra en partie des négociations en cours sur les hybrides et de la capacité des constructeurs européens à accélérer sur l'électrification et l'innovation, les deux autres axes mis en avant par l'Élysée pour ce Mondial.