La balance commerciale agricole en "léger rebond" par rapport à l'an dernier mais la croissance des exportations "reste insuffisante"

## La balance commerciale agricole française en léger rebond, mais la filière reste loin de ses standards L'excédent commercial alimentaire de la France s'est é
## La balance commerciale agricole française en léger rebond, mais la filière reste loin de ses standards
L'excédent commercial alimentaire de la France s'est établi à 0,6 milliard d'euros sur les sept premiers mois de l'année, selon les données relayées par BFM Business. Ce chiffre marque une légère amélioration par rapport au déficit de 0,1 milliard d'euros enregistré un an plus tôt. Une embellie qui reste toutefois fragile au regard des performances historiques du secteur.
## Un rebond réel mais en deçà des moyennes récentes
Le retour à un solde positif constitue une première bonne nouvelle pour la filière agroalimentaire française. « Sur 2026, début d'année, on a un léger rebond », a salué Yannick Fialip, président du Centre national pour la promotion des produits agricoles et alimentaires (CNPA), lors d'une conférence de presse. Pour mesurer pleinement cette amélioration, il convient de rappeler que l'année 2025 avait été particulièrement difficile : le solde commercial alimentaire était alors tombé à « un plus bas historique », à 122 millions d'euros seulement, selon la deuxième édition de l'Observatoire du commerce extérieur agricole et alimentaire publié par le CNPA.
Le rebond actuel demeure néanmoins en retrait par rapport aux niveaux atteints ces dernières années. L'excédent des sept premiers mois de 2026 reste inférieur de 1,8 milliard d'euros à la moyenne observée sur la période 2023-2025. Autrement dit, la France n'a pas encore retrouvé la vigueur commerciale qui était la sienne avant la dégradation de 2025. Le chemin vers une consolidation durable de l'excédent apparaît donc encore long.
## Une croissance des exportations jugée insuffisante
Au-delà du solde global, c'est la dynamique des exportations qui préoccupe les représentants de la filière. « Même si les exportations agricoles françaises progressent, la croissance reste insuffisante et on voit qu'on augmente moins vite que nos concurrents », a souligné Yannick Fialip. Cette comparaison avec les pays concurrents met en lumière un enjeu de compétitivité structurel : la France gagne des parts de marché, mais à un rythme inférieur à celui de ses rivaux internationaux.
Le président du CNPA rappelle également le rôle stratégique de ces débouchés pour l'ensemble du tissu économique national. « L'exportation est un débouché indispensable pour l'industrie agroalimentaire », a-t-il insisté, ajoutant que « quand on sait qu'on a un problème de croissance et de création de richesses dans notre pays, ce secteur doit être plutôt protégé et soutenu si on veut augmenter notre croissance et notre taux d'emploi ». Le secteur agricole et agroalimentaire représente en effet un maillon essentiel de l'économie française, tant en termes d'emplois directs qu'indirects.
## Douze propositions pour relancer la machine exportatrice
Face à ce constat, le CNPA a formulé mardi 12 propositions visant à « relancer les exportations agricoles et agroalimentaires ». Ces recommandations portent notamment sur la mobilisation de la diplomatie française, considérée comme un levier d'influence pour ouvrir de nouveaux marchés, ainsi que sur l'amélioration de l'accompagnement des entreprises à l'export. L'objectif affiché est de doter les acteurs français d'outils comparables à ceux dont disposent leurs concurrents étrangers, souvent mieux structurés sur les marchés internationaux.
Ces pistes de travail interviennent dans un contexte où la balance commerciale agricole française demeure sous surveillance. Si le rebond de 2026 constitue un signal encourageant, il ne suffit pas encore à inverser la tendance de fond observée depuis plusieurs années. La capacité de la filière à transformer ce frémissement en dynamique durable dépendra largement de la mise en œuvre effective des mesures proposées et de la conjoncture des marchés mondiaux.