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L'Union européenne veut renforcer sa riposte face aux attaques hybrides russes avec un protocole d'urgence

Monde · · Par Claire BERNARD

L'Union européenne veut renforcer sa riposte face aux attaques hybrides russes avec un protocole d'urgence

Selon des informations rapportées par RFI, les vingt-sept ministres de la Défense de l'Union européenne se sont réunis ce lundi pour examiner les travaux prépar

Selon des informations rapportées par RFI, les vingt-sept ministres de la Défense de l'Union européenne se sont réunis ce lundi pour examiner les travaux préparatoires à un protocole d'urgence destiné à renforcer la riposte collective face aux menaces hybrides, notamment d'origine russe. Cette initiative, présentée comme un premier pas vers un rôle militaire accru de l'Union, pourrait conférer à Bruxelles des compétences qui, sur certains aspects, sembleraient se rapprocher de celles de l'Otan. ## Un contexte de menaces hybrides croissantes La notion de menace hybride recouvre un spectre large d'actions hostiles menées en dessous du seuil de conflit armé déclaré : cyberattaques, campagnes de désinformation, sabotages d'infrastructures critiques, pressions énergétiques ou encore instrumentalisation de flux migratoires. D'après plusieurs rapports institutionnels européens publiés ces dernières années, ces modes d'action se seraient intensifiés depuis 2022, en lien avec le conflit ukrainien. Les États membres de l'Est de l'Union, particulièrement exposés en raison de leur proximité géographique avec la Russie, plaideraient depuis plusieurs mois pour une réponse coordonnée et rapide, estimant que les mécanismes actuels de réaction seraient trop lents face à des attaques pouvant se manifester en quelques heures. ## Un protocole d'urgence aux contours encore flous Le dispositif en discussion viserait à définir des procédures de déclenchement rapide, permettant aux Vingt-Sept d'activer des contre-mesures coordonnées — qu'elles soient cyber, économiques ou militaires — sans devoir passer par de longues négociations au cas par cas. Selon les éléments rapportés par RFI, ce protocole constituerait une étape vers une capacité d'action plus intégrée, ce qui soulèverait toutefois des questions de souveraineté pour certains États membres, notamment ceux qui demeurent attachés à une stricte complémentarité avec l'Otan plutôt qu'à une autonomie stratégique européenne. En effet, la répartition des rôles entre les deux organisations resterait un point sensible, d'autant plus que l'article 5 du traité de l'Atlantique Nord demeure la garantie ultime de défense collective pour la majorité des pays européens. ## Des implications institutionnelles et stratégiques Cette réflexion s'inscrit dans un contexte plus large de réarmement et de coordination européenne, marqué par des discussions budgétaires et industrielles sur les capacités de défense communes. Par ailleurs, l'émergence d'un tel protocole pourrait modifier l'équilibre institutionnel interne à l'Union, en donnant à la Commission et au Service européen pour l'action extérieure un rôle opérationnel plus affirmé en matière de sécurité. Toutefois, plusieurs diplomates cités par des médias européens souligneraient que le processus demeurerait long, les Vingt-Sept devant encore s'accorder sur les seuils de déclenchement, la nature des ripostes autorisées et les modalités de partage du renseignement. Ces discussions devraient se poursuivre lors des prochains conseils des ministres de la Défense, sans calendrier définitif annoncé à ce stade. La mise en place d'un tel mécanisme pourrait, à terme, redéfinir partiellement l'architecture de sécurité du continent, sans pour autant se substituer aux structures existantes. L'enjeu résiderait moins dans la création d'une défense européenne autonome que dans la capacité des Vingt-Sept à réagir de manière coordonnée et crédible face à des menaces dont la frontière entre temps de paix et temps de crise demeure de plus en plus ténue.