L'Union européenne réfléchit à des mesures pour diminuer de moitié les importations de voitures hybrides chinoises

## L'UE envisage de limiter de moitié les importations de voitures hybrides chinoises Bruxelles étudierait des mesures de sauvegarde visant à réduire de moitié
## L'UE envisage de limiter de moitié les importations de voitures hybrides chinoises
Bruxelles étudierait des mesures de sauvegarde visant à réduire de moitié les importations de véhicules hybrides chinois sur le marché européen, selon des informations rapportées par Bloomberg et relayées par BFM Business. L'objectif affiché serait de ramener les flux prévus pour 2026, estimés à 800 000 unités, à environ 400 000 véhicules par an à compter de 2027. Cette réflexion intervient dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre l'Union européenne et Pékin, à l'orée de l'ouverture du Salon de l'Auto.
## Un mécanisme encore à l'étude
Marcos Sefcovic, négociateur en chef de l'UE pour le commerce, aurait informé les responsables bruxellois que les mécanismes précis restaient à définir. À ce stade, les mesures de sauvegarde seraient privilégiées, précise l'agence de presse américaine. Ces dispositifs prennent généralement la forme de quotas, assortis d'une taxe dès que les importations dépassent un certain volume. Cette approche permettrait de limiter les flux excédentaires tout en restant conforme aux règles de l'Organisation mondiale du commerce, un point central pour Bruxelles qui cherche à éviter toute contestation juridique devant l'OMC.
## Une progression spectaculaire des marques chinoises
Le marché européen a connu une évolution rapide de la part des constructeurs chinois sur le segment hybride. En septembre, un véhicule hybride sur quatre vendus en Europe était une marque chinoise, alors que ces modèles échappent pour l'instant aux surtaxes européennes appliquées aux véhicules électriques. L'année précédente, ils ne représentaient même pas 3 % des ventes. Cette progression illustre la stratégie des constructeurs chinois, qui ont contourné les droits de douane imposés sur les véhicules 100 % électriques en développant leur offre hybride, segment sur lequel les barrières tarifaires européennes restent limitées.
## Des négociations bilatérales en cours
La semaine dernière, Marcos Sefcovic s'est rendu à Pékin pour rencontrer Wang Wentao, ministre chinois du Commerce, afin d'aborder cette offensive commerciale. Les deux responsables seraient convenus d'un accord, dont les dirigeants européens seront informés dans les prochains jours. Ce compromis porterait sur une durée de quatre ans et devrait être finalisé en mars, après une nouvelle rencontre bilatérale. À ce stade, Pékin n'a pas annoncé de contre-mesure en réponse aux intentions européennes. La Chine avait toutefois réitéré, vendredi, son refus de limiter volontairement ses exportations de véhicules vers l'Europe.
## Un test avant d'éventuelles extensions
Selon les informations disponibles, l'UE prévoirait d'utiliser les véhicules hybrides comme test. En cas de succès de ce dispositif, celui-ci pourrait être étendu à d'autres catégories de véhicules, ce qui laisse entrevoir un durcissement plus large de la politique commerciale européenne vis-à-vis de la Chine. Cette approche progressive permettrait à Bruxelles de mesurer l'efficacité des mesures de sauvegarde avant de les généraliser, tout en limitant les risques de représailles commerciales immédiates.
L'issue de ces négociations, attendue pour mars, déterminera l'ampleur de la pression exercée sur les constructeurs chinois et pourrait redessiner l'équilibre du marché automobile européen. Les prochaines semaines s'annoncent décisives pour les relations commerciales entre Bruxelles et Pékin.