Onyx Infos

L'Ukraine va fabriquer 10 millions de drones cette année: les partenariats entre groupes automobiles et dronistes se multiplient en France pour parvenir à en produire 60.000 par an

Economie · · Par Julie MOREAU

L'Ukraine va fabriquer 10 millions de drones cette année: les partenariats entre groupes automobiles et dronistes se multiplient en France pour parvenir à en produire 60.000 par an

## L'industrie automobile française se reconvertit dans la production massive de drones Un an après les premières annonces gouvernementales, les alliances entre

## L'industrie automobile française se reconvertit dans la production massive de drones Un an après les premières annonces gouvernementales, les alliances entre constructeurs automobiles, équipementiers et entreprises de défense se multiplient en France pour bâtir une filière de production de drones à grande échelle. Au moins six partenariats de ce type ont été officialisés depuis le début de l'année, avec un objectif affiché : atteindre 60.000 drones produits par an sur le territoire national, tandis que l'Ukraine prévoit d'en fabriquer 10 millions cette année. ### Une convergence industrielle inédite entre automobile et défense L'initiative remonte à juin 2025, lorsque Sébastien Lecornu, alors ministre des Armées et désormais Premier ministre, avait annoncé qu'un grand producteur de voitures français s'associerait à une PME de la défense pour produire des drones. L'idée centrale consiste à transposer les méthodes du secteur automobile - maîtrise des coûts, automatisation des chaînes, production à grande échelle - vers la fabrication d'engins sans pilote. Cette convergence répond à un constat simple : les start-ups spécialisées dans le drone ne peuvent atteindre seules des volumes industriels suffisants. L'utilisation intensive des drones aériens dans le conflit ukrainien, depuis l'invasion russe de 2022, a profondément bouleversé les doctrines militaires. La France et l'Union européenne ont dès lors érigé la production de ces engins au rang de priorité stratégique. Les partenariats annoncés ces derniers mois illustrent cette prise de conscience : ils associent systématiquement des acteurs maîtrisant la production de masse à des entreprises disposant d'une expertise dans les technologies de défense. ### Des capacités de production encore insuffisantes face à l'urgence "Pourquoi maintenant ? Parce que le besoin, c'est maintenant, les drones, c'est maintenant", a déclaré Christophe Périllat, directeur général de l'équipementier automobile Valeo, à des journalistes fin juillet. "Et pourquoi en France ? Parce qu'on nous demande de la souveraineté." Ces propos traduisent l'urgence ressentie par les industriels, conscients que les volumes actuellement disponibles en France restent très en deçà des besoins potentiels. Les sénateurs de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées ont d'ailleurs estimé que "les volumes disponibles [de drones] - quelques milliers - restent insuffisants pour atteindre une véritable masse critique". Cette évaluation contraste avec l'ampleur des besoins : l'Ukraine ambitionne de produire 10 millions de drones cette année, un chiffre qui donne la mesure de l'industrialisation nécessaire. La France, elle, vise une capacité de 60.000 unités par an, un objectif qui suppose de généraliser ces partenariats intersectoriels. ### Une base industrielle en construction pour préparer l'avenir Le gouvernement français ne souhaite pas accumuler des stocks à très court terme, mais affirme que le pays doit se préparer à un éventuel conflit. Cette position explique la stratégie retenue : plutôt que d'acheter massivement des drones existants, souvent importés, il s'agit de créer une capacité de production nationale durable et extensible. Les partenariats entre dronistes et constructeurs automobiles constituent la pierre angulaire de cette démarche. La filière naissante pourrait ainsi monter en puissance progressivement, avec des chaînes de production capables d'être intensifiées en cas de besoin. Les équipementiers automobiles apportent leur savoir-faire en matière de logistique, de gestion de la qualité et d'optimisation des coûts, tandis que les entreprises de défense fournissent l'expertise technologique et les certifications nécessaires. Cette complémentarité pourrait permettre à la France de disposer d'une capacité industrielle souveraine, réduisant sa dépendance vis-à-vis de fournisseurs étrangers dans un domaine devenu central pour la sécurité européenne.