L’Ukraine et la Russie «difficiles» à rapprocher sur le sujet de la mer Noire

## Mer Noire : Kiev et Moscou dos à dos sur la sécurité maritime Selon des informations rapportées par Le Figaro, s'appuyant sur des déclarations de l'Agence Fr
## Mer Noire : Kiev et Moscou dos à dos sur la sécurité maritime
Selon des informations rapportées par Le Figaro, s'appuyant sur des déclarations de l'Agence France-Presse, les positions ukrainiennes et russes demeurent « difficiles à concilier » concernant la cessation des attaques visant les navires de commerce en mer Noire. C'est ce qu'a indiqué, samedi 19 septembre 2026, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors d'une interview télévisée diffusée sur la chaîne NTV.
## Une médiation turque à l'épreuve des divergences
La Turquie, qui assure depuis le début du conflit un rôle d'intermédiaire entre Kiev et Moscou, a soumis aux deux parties un protocole d'accord destiné à mettre un terme aux frappes contre les navires marchands. « Nous avons adressé une proposition aux deux parties sur ce point. (...) Nous avons d'ailleurs déjà reçu des réponses de part et d'autre », a affirmé le chef de la diplomatie turque. Il précise toutefois que les deux capitales affichent « des demandes et des positions difficiles à concilier », ce qui semblerait indiquer que les négociations n'ont pas encore abouti à un terrain d'entente.
Cette initiative s'inscrit dans un contexte de tensions persistantes en mer Noire, où la sécurité des routes maritimes est devenue un enjeu stratégique majeur depuis le début du conflit en février 2022. Les attaques contre des navires de commerce ont notamment perturbé les exportations de céréales, provoquant des répercussions sur les marchés alimentaires mondiaux.
## Les céréales, priorité affichée d'Ankara
Le ministre turc a souligné que l'acheminement des céréales constituait la priorité de son pays. « Les pays du monde entier en ont besoin. Les céréales sont un produit que les deux pays vendent mais il y a des difficultés à surmonter », a-t-il ajouté. Cette déclaration fait écho aux précédents efforts diplomatiques menés par Ankara, notamment l'Initiative céréalière de la mer Noire conclue en juillet 2022 sous l'égide des Nations unies et de la Turquie, qui avait permis l'exportation de millions de tonnes de denrées avant son interruption.
La Turquie, qui partage une frontière maritime avec les deux belligérants et contrôle les détroits du Bosphore et des Dardanelles en vertu de la convention de Montreux, se trouve en première ligne des enjeux sécuritaires liés à la mer Noire. Ankara a exprimé à plusieurs reprises son exaspération face aux frappes visant des navires civils, qui menacent directement ses intérêts économiques et sa sécurité régionale.
## Un équilibre diplomatique délicat
La position turque demeure délicate, Ankara entretenant des relations à la fois avec Kiev et Moscou. Si la Turquie a soutenu l'intégrité territoriale ukrainienne, elle a également maintenu un dialogue avec la Russie, refusant de s'associer aux sanctions occidentales. Cette posture lui confère un rôle singulier de médiateur, mais limite également sa marge de pression sur les deux parties.
En effet, les divergences portent sur des points sensibles : mécanismes de vérification, garanties de sécurité pour les navires, ou encore responsabilités en cas d'incident. Selon des sources diplomatiques citées par plusieurs médias internationaux, ces questions techniques masquent des désaccords politiques plus profonds sur le statut des territoires contestés.
## Une issue incertaine
À ce stade, aucune date ni cadre précis de nouvelles négociations n'a été communiqué par les autorités turques. Le protocole proposé par Ankara pourrait servir de base à un accord futur, mais les déclarations de Hakan Fidan laissent entrevoir un chemin encore long avant une désescalade effective en mer Noire. L'évolution de ces discussions sera déterminante pour la sécurité alimentaire mondiale et la stabilité d'une région où les tensions n'ont cessé de s'intensifier depuis quatre ans.