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L'Ukraine affirme qu'elle ne rentrera pas dans l'UE si elle ne bénéficie pas de la PAC et si elle ne peut pas écouler ses tonnes de céréales sur le marché unique

Economie · · Par Julie MOREAU

L'Ukraine affirme qu'elle ne rentrera pas dans l'UE si elle ne bénéficie pas de la PAC et si elle ne peut pas écouler ses tonnes de céréales sur le marché unique

## L'Ukraine conditionne son adhésion à l'UE à un accès complet au marché agricole Kiev durcit le ton. Alors que se profile l'ouverture des négociations d'adhés

## L'Ukraine conditionne son adhésion à l'UE à un accès complet au marché agricole Kiev durcit le ton. Alors que se profile l'ouverture des négociations d'adhésion avec l'Union européenne, l'Ukraine a affirmé mercredi qu'elle refuserait toute limitation permanente de ses exportations agricoles et de son accès aux subventions européennes. Une position qui cristallise les tensions autour de l'un des dossiers les plus sensibles du processus d'élargissement. ## Un bras de fer autour du blé ukrainien L'agriculture constitue un point de friction majeur dans l'ambition de Kiev d'intégrer l'UE, rapporte BFM Business. Plusieurs États membres, dont la France et la Pologne, redoutent les conséquences d'une arrivée massive de blé ukrainien sur les marchés européens et cherchent à protéger leurs agriculteurs. Ces inquiétudes sont jugées suffisamment sérieuses pour menacer tout accord d'adhésion avec l'Ukraine. Face à cette pression, la Commission européenne a proposé de limiter l'accès de Kiev aux marchés agricoles et aux subventions de l'UE, notamment la PAC (politique agricole commune). Un garde-fou destiné à rassurer les Vingt-Sept, mais que Kiev juge inacceptable en l'état. ## Kiev prêt à des concessions temporaires, pas à une exclusion durable Interrogé par l'AFP mercredi, le ministre ukrainien de l'Agriculture Taras Vyssotsky a affirmé que son pays serait prêt à accepter d'éventuelles mesures temporaires, mais s'opposerait fermement à « une restriction permanente ». Selon lui, une telle limitation « contredirait la logique même de l'adhésion pleine et entière à l'Union européenne ». Le ministre a insisté sur la nature du dispositif envisagé : « Il ne s'agirait pas d'un mécanisme transitoire, mais en réalité d'un modèle différent d'adhésion. L'Ukraine ne peut pas accepter une telle approche. » Cette déclaration marque une escalade rhétorique dans un dossier où les tractations techniques se doublent d'un enjeu politique de premier ordre. ## La PAC, pomme de discorde structurelle Le cœur du problème réside dans l'architecture même de la politique agricole commune. Ce dispositif, qui représente une part significative du budget européen, repose sur des mécanismes de soutien calibrés pour les agriculteurs des Vingt-Sept. L'arrivée d'un pays dont les surfaces cultivables et les rendements céréaliers sont considérables bouleverserait les équilibres existants, tant en matière de aides directes que de régulation des marchés. Les organisations agricoles françaises et polonaises alertent depuis des mois sur un risque de distorsion de concurrence, voire d'effondrement des prix dans certaines filières. Bruxelles tente donc de trouver un compromis : intégrer l'Ukraine sans déstabiliser les exploitations existantes. Mais Kiev considère que toute clause restrictive durable reviendrait à créer une adhésion au rabais. ## Un test pour la crédibilité de l'élargissement Au-delà du dossier céréalier, cette confrontation pose une question de fond sur la nature de l'élargissement européen. Si l'UE accepte d'intégrer l'Ukraine en limitant son accès aux politiques communes, elle crée un précédent : celui d'une adhésion à plusieurs vitesses, où certains membres seraient privés de pans entiers de la solidarité européenne. Pour Kiev, l'enjeu dépasse la seule question agricole : il s'agit de savoir si l'adhésion sera pleine ou conditionnée. Les prochaines discussions entre la Commission et les États membres diront si un compromis est possible, alors que la guerre en Ukraine continue de peser sur l'urgence politique du dossier.