L’UE veut une interdiction des réseaux sociaux avant 13 ans pour protéger les enfants

## L'Union européenne envisage d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans La question de la protection des mineurs face aux plateformes numériques fran
## L'Union européenne envisage d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans
La question de la protection des mineurs face aux plateformes numériques franchit une nouvelle étape à Bruxelles. Selon des informations rapportées par RFI, la Commission européenne soutient désormais un projet d'interdiction d'accès aux réseaux sociaux pour les enfants de moins de 13 ans, une mesure portée notamment par Emmanuel Macron au niveau national et qui gagne du terrain dans les institutions européennes.
## Une annonce portée par Ursula von der Leyen
D'après la même source, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a officialisé cette position ce mercredi, à l'occasion de son discours sur l'État de l'Union. Cette prise de parole, exercice annuel de cadrage politique devant le Parlement européen, constitue un moment stratégique pour afficher les priorités de l'exécutif européen. La dirigeante y aurait donc inscrit la protection des mineurs comme l'un des axes majeurs de son action à venir.
Le sujet n'est pas isolé. Il s'inscrit dans un contexte de préoccupation croissante, à l'échelle du continent, quant à l'impact des plateformes numériques sur les jeunes publics. Plusieurs États membres ont déjà engagé des réflexions similaires, et la France, sous l'impulsion d'Emmanuel Macron, plaide pour un encadrement plus strict de l'accès des mineurs.
## Des justifications sanitaires et éducatives
Selon les éléments rapportés par RFI, la mesure viserait à protéger les enfants des « impacts négatifs » des réseaux sociaux, tant sur le plan éducatif que sur celui de la santé mentale. Cette double justification — scolaire et sanitaire — rejoint les conclusions de nombreuses études relayées ces dernières années par des autorités de santé publique, qui pointent une corrélation entre usage intensif des plateformes et troubles de l'attention, anxiété ou perturbation du sommeil chez les adolescents.
L'enjeu dépasse toutefois la seule question de l'âge légal. La mise en œuvre d'une telle interdiction poserait des défis techniques considérables, notamment en matière de vérification d'âge, d'autant plus que les plateformes concernées sont majoritairement des entreprises non européennes. La question de la responsabilité des opérateurs, comme celle des sanctions applicables en cas de manquement, resterait à préciser.
## Un débat européen encore ouvert
Pour l'heure, il s'agit d'une orientation politique, non d'un texte contraignant. Le passage d'une annonce à une législation effective impliquerait un processus long, incluant consultations, négociations entre États membres et dialogue avec les acteurs du secteur. Des voix s'élèveraient probablement contre une approche jugée trop restrictive, invoquant la liberté d'expression ou le risque d'exclusion numérique de certains jeunes.
D'autres interrogations portent sur le seuil retenu — 13 ans correspondant déjà à l'âge minimal fixé par plusieurs plateformes dans leurs conditions d'utilisation, souvent contournées en pratique. L'effectivité de la mesure dépendrait donc largement des moyens de contrôle déployés.
La Commission européenne pourrait préciser ses intentions dans les mois à venir, à travers des propositions législatives ou des recommandations adressées aux États membres. Le sujet devrait également animer les discussions entre gouvernements, certains pays ayant déjà exprimé des réserves sur le calendrier ou la méthode.