Onyx Infos

L'UE souhaite investir dans les révolutions technologique, verte et géopolitique, selon Roland Lescure

Economie · · Par Claire BERNARD

L'UE souhaite investir dans les révolutions technologique, verte et géopolitique, selon Roland Lescure

L'Union européenne entend accélérer ses investissements dans trois révolutions majeures — technologique, verte et géopolitique — afin de renforcer sa compétitiv

L'Union européenne entend accélérer ses investissements dans trois révolutions majeures — technologique, verte et géopolitique — afin de renforcer sa compétitivité et sa souveraineté face aux crises contemporaines. C'est ce qu'a déclaré Roland Lescure, ministre délégué chargé de l'Industrie et de l'Énergie, lors d'une intervention sur BFM Business, selon des informations rapportées par la chaîne. Cette stratégie, qui s'inscrit dans un contexte de tensions internationales et de transition écologique pressante, viserait à positionner l'Europe comme un acteur clé dans la course à l'innovation et à l'indépendance énergétique. ## Une feuille de route pour la souveraineté industrielle Roland Lescure a précisé, d'après des sources gouvernementales, que l'UE souhaite orienter ses investissements vers trois axes prioritaires. Le premier concerne la révolution technologique, avec un accent mis sur l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs et le cloud souverain. Le second axe porte sur la révolution verte, incluant le développement des énergies renouvelables, l'hydrogène décarboné et la modernisation des réseaux électriques. Enfin, le troisième volet, qualifié de « géopolitique », viserait à sécuriser les chaînes d'approvisionnement stratégiques et à réduire la dépendance vis-à-vis de puissances extérieures, notamment la Chine et les États-Unis. Ces investissements, qui pourraient atteindre plusieurs centaines de milliards d'euros selon des estimations non confirmées, s'inscriraient dans le cadre du plan « Next Generation EU » et des fonds de relance post-pandémie. ## Un contexte de crises multiples Cette annonce intervient alors que l'Europe fait face à une série de défis : la guerre en Ukraine a mis en lumière la fragilité des approvisionnements énergétiques, tandis que la concurrence technologique avec les États-Unis et la Chine s'intensifie. Par ailleurs, la transition écologique impose des transformations profondes dans les secteurs industriels et énergétiques. Selon un rapport de la Commission européenne cité par BFM Business, l'UE aurait besoin d'investir environ 500 milliards d'euros par an d'ici 2030 pour atteindre ses objectifs climatiques. Roland Lescure a souligné que ces révolutions sont « interconnectées » : la souveraineté technologique ne pourrait être atteinte sans une base énergétique décarbonée, et la stabilité géopolitique dépendrait de la capacité à produire localement des biens essentiels, comme les puces électroniques ou les batteries. ## Des secteurs clés identifiés Parmi les domaines prioritaires, le ministre a mentionné l'industrie de la verrerie, évoquant le projet « Arc 1825 » visant à relancer la production de verre en France. Ce projet, qui pourrait créer plusieurs centaines d'emplois, illustrerait la volonté de réindustrialiser le territoire tout en intégrant des technologies vertes. Par ailleurs, un nouveau pipeline « très stratégique pour l'Otan » a été évoqué, sans plus de détails, ce qui suggère une dimension sécuritaire dans les investissements énergétiques. La question de la souveraineté numérique a également été abordée, avec des références à Alcatel-Lucent et à ses efforts pour développer des solutions de cloud souverain. Enfin, la santé des salariés, via des start-up comme Qanopee, a été citée comme un enjeu connexe, lié à la productivité et à la résilience des entreprises. ## Des défis à surmonter Cependant, la mise en œuvre de cette stratégie ne serait pas sans obstacles. La fragmentation des marchés européens, les divergences entre États membres sur les priorités budgétaires et les tensions commerciales avec des partenaires comme les États-Unis pourraient freiner les ambitions affichées. Par ailleurs, le financement de ces investissements reste un point d'interrogation : si l'UE a mobilisé des fonds importants via son plan de relance, la hausse des taux d'intérêt et les contraintes budgétaires nationales pourraient limiter les marges de manœuvre. Roland Lescure a néanmoins insisté sur la nécessité d'agir rapidement, estimant que « l'Europe n'a pas le luxe d'attendre ». Les prochains mois devraient permettre de préciser les contours de ces investissements, notamment à travers les discussions autour du budget pluriannuel 2028-2034 de l'UE.